Archives pour le 22 mars 2010

Passage dans l’outremonde…

Par Youri Kane Catégorie : D'AUTRES MONDES, LES AFFAIRES CLASSEES DE L'INSPECTEUR HARRY Laisser un commentaire »22 mars 2010

Pour ceux qui suivent, et qui tels des Spectromen ou des Biomen en goguette, passent allègrement d’un monde à l’autre, voici les ajouts récents du monde parallèle censé être plus pédagogique que celui ci (bien que, parfois, je me demande…)

Une fiche de lecture du Travail sans qualité de Sennett, par Stan, une jeune recrue que nous n’avons point bizutée, puisque c’est désormais interdit.

Une lecture de Kant, qui provoquerait ici même des protestations, j’en suis sûr, par Roger Pouivret, dans son l’Oeuvre d’art à l’âge de sa mondialisation.

Un ouvrage du genre « La chimie amusante », mais en économie, deuxième tome des freakonomics, parfait pour la récré, avec les choco BN et le cacolac bu à la paille.

Une petite réflexion sur l’invasion de la 3D au cinéma (la hantise des amblyopes, disons-le au passage, mais je ne ferai pas de cette histoire une affaire personnelle, c’est juste que je me demande si tout ceci a un quelconque intérêt), à travers un article du New-yorker qui fait le point sur la question.

Une incitation à aller se confronter à la mort, et au mal, au musée d’Orsay (c’est toujours tentant, ça, se confronter au mal, non ?), à travers l’exposition Crime et Châtiment (qui aurait tout aussi bien pu s’intituler Surveiller et punir)

Et une autre incitation, pour une exposition à l’humeur moins sombre, Vinyl, à la Maison Rouge.

Un programme allégé, par la faute des multiples missions s’accumulant dans l’emploi du temps des profs, sans que cela donne lieu à une quelconque rémunération supplémentaire (mais bon, qui voudrait que les gamins ne soient pas correctement inscrits sur le processus APB, et n’aient pas, à cause de cela, d’avenir dans les études, hein ?…

Voter la peur au ventre

Par Youri Kane Catégorie : "CE QUI SE PASSE", CHOSES VUES, PROPAGANDA 2 commentaires »22 mars 2010

Veille de second tour, Axel Poniatowski m’écrit pour que demain, je fasse preuve d’un comportement électoral conforme à ses intérêts.

Il faut dire qu’étant donné ce que lui aura coûté sa campagne, ce serait bête de ne pas se battre jusqu’au bout pour grappiller des voix : 10 000 € de dommages et intérêts pour diffamation contre, non pas, Ali Soumaré (ça, ce n’est pas jugé), mais Michelle Sabban, voila une somme dont on peut se demander si elle doit apparaître dans les lignes de dépenses de campagne de l’UMP.

Le tract, sur le modèle des arguments choisis au niveau national, m’informe que j’ai le choix, en ce jour d’élection, entre le conservatisme de gauche, et le réformisme de droite. Mais on a du deviner, en haut lieu, que le jeu sur les mots et les définitions ne suffirait pas, et que rien, à vrai dire, ne suffirait pour cette échéance électorale. Le tract recourt donc à une autre incitation pour que je porte mon choix sur Madame Pécresse : si je ne l’élis pas, je ne serai pas en sécurité : « La première des libertés, en particulier dans le val d’oise, c’est la sécurité : on ne peut pas vivre sereinement dans un département où nous avons peur pour la sécurité de nos enfants aux abords des lycées, où nous avons peur pour nous-mêmes lorsque nous prenons les transports en commun. »

Intéressant, pour un scrutin censé être local, et dont on nous aura suffisamment répété qu’il ne pouvait pas avoir de conséquences nationales. Car la sécurité, à de multiples titres, est une affaire davantage nationale que régionale. Quand on supprime la police de proximité, par exemple, c’est l’Etat qui en prend la décision. Quand on supprime des postes de gendarmes et policiers, quand on désorganise la justice, c’est l’Etat qui en a la responsabilité. Et bien sûr, lorsqu’on génère une pauvreté croissante, dans un environnement où n’est valorisé que le pouvoir d’achat, on suscite une violence potentielle qui ne peut, à terme, que provoquer une insécurité croissante, tant réelle que ressentie.

Ainsi, on nous le dit tranquillement dans un tract de dernière minute : si on ne vote pas de manière arrangeante pour ceux qui ont déjà le pouvoir, l’Etat nous punira en nous maintenant dans une insécurité croissante, trouvant là une économie substantielle, et nous convaincant que c’est là la faute des régions. Accessoirement, cela fournira du grain à moudre à la droite lors des prochaines élections présidentielles. Du point de vue de l’application de telles sanctions, une écrasante majorité de régions à gauche permettra toutes les fantaisies nationales, dégradant sans en avoir l’air les budgets locaux, avec d’autant moins de scrupules que les conséquences en retomberont sur d’autres. Pourquoi, dès lors, se priver ?

J’ai peut être l’esprit mal tourné, mais le processus me semble tout à fait d’ordre mafieux : quand le pouvoir se rend compte qu’il ne peut pas s’établir de manière légitime, il a recours à des incitations non républicaines, qui consistent à menacer le peuple de sanctions violentes en cas de désobéissance. Cela participe de cette communication qui affirme simultanément que le peuple se détourne des élections parce qu’il n’a plus confiance en la gauche, et que le vote n’aura aucune conséquence sur la politique menée, puisque celle-ci est décidée une fois pour toute, par la droite, et ne peut pas être remise en question (même le bouclier fiscal, SURTOUT le bouclier fiscal !). En d’autres termes, on a pris le pouvoir, et il est hors de question, maintenant, qu’il nous échappe, puisque c’est la condition nécessaire pour que nos amis, qui y ont intérêt, y gagnent ce qu’il y a à y gagner en matière de précarisation du plus grand nombre et de consolidation des acquis des happy fews qui viennent becqueter dans la main du pouvoir.

Et comme le second tour des régionales n’aura été, finalement, qu’une mise en place des éléments de la prochaine campagne présidentielle, nous voila prévenus sur la haute tenue des débats qui l’animeront. Il faut donc se préparer à atteindre des sommets en matière de subtilité politique. Et on devine déjà comment on va nous convaincre de la nécessité de combattre l’insécurité, tout simplement, en l’organisant.

NB : Désolé pour le côté un peu « froissé » du document, mais il est passé par la case poubelle avant de se retrouver dans le scanner. Un réflexe !

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