Archives pour le 13 juin 2010

This is your land

Par Youri Kane Catégorie : "CE QUI SE PASSE", 24 FPS, MIND STORM, SCREENS Laisser un commentaire »13 juin 2010

« Contemple là, cette terre, telle que Dieu l’a donnée à ceux qui l’habitent. N’est elle pas visiblement et uniquement disposée, plantée et boisée pour des animaux ? Qu’y a t-il pour nous ? Rien. Et pour eux, tout : les cavernes, les arbres, les feuillages, les sources, le gîte, la nourriture et la boisson. Aussi les gens difficiles comme moi n’arrivent-ils jamais à s’y trouver bien. Ceux-là seuls qui se rapprochent de la brute sont contents et satisfaits. Mais les autres, les poètes, les délicats, les rêveurs, les chercheurs, les inquiets ? Ah les pauvres gens ! »

Guy de Maupassant - L’inutile Beauté; extrait des Contes et Nouvelles.

En si peu de temps se téléscopaient les vidéos pirates d’une terre qu’on se déchire en pleine mer, dans une guerre qui oppose ceux qui la croient promise, et ceux qui pensaient l’habiter, et les dernières images d’une communauté qu’on avait pris l’habitude de voir se battre contre la terre sur laquelle elle avait échouée.

Dans chacun de ces régimes d’images, l’exil est la loi, la colonie est un refuge contre l’errance; et l’ennemi, c’est « les autres ». Hostiles a priori, irrémédiablement irréconciliables,sur ces théâtres des opération, il faut maintenir les vigiles en place, et organiser la relève de la garde. Qu’on navigue sur le Mavi Marmara ou qu’on vole à bord du vol Oceanic 815, les trajectoires comme les destins sont toujours des lignes brisées et les îles sont des prisons. Pour les uns comme pour les autres, les embargos sont la règle et les avenirs se dessinent sur des horizons certes dégagés, mais hors d’atteinte.

Il en va ainsi lorsque l’histoire tourne en boucle sur son propre cycle. Ouvrir les yeux, les fermer, échoués conscients ou inconscients sur une seule et même plage, c’est du pareil au même; et les problèmes essentiels ne trouvent pas de réponse.

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Cramponnons-nous

Par Youri Kane Catégorie : "CE QUI SE PASSE", Il voit le mal partout, MIND STORM Laisser un commentaire »13 juin 2010

C’est presque les vacances.

Les gens pourraient en profiter pour acheter des livres, se rendre dans des conférences publiques, aller dans des salles de concert, des cinémas d’art et essais, des expositions ou de théâtres. Ils pourraient s’allonger dans l’herbe, sous les arbres et commencer à méditer; ils pourraient même se dire qu’après tout, on est bien mieux ainsi qu’à trainer dans les centres commerciaux à la recherche d’un nouvel objet trop génial auquel on confiera le soin de jouer les témoins de réussite de vie.

Angoisse.

Si le boulot ne nous lobotomise pas, il faut que quelque chose d’autre prenne le relai. Un ballon rond, des types en short qui courent après, ça fait léger comme pitch mais l’expérience montre qu’en fait, ça marche. Pas la peine d’en faire plus, la formule remporte l’adhésion populaire et on n’en demande manifestement pas plus (les scénaristes de séries devraiement s’en inspirer, d’ailleurs).

Alors, évidemment, si on marche pas dans la combine, on va vite se retrouver du mauvais côté du manche, et dans le monde des spectateurs comme sur le terrain, mieux vaut ne pas faire partie des vaincus, des loosers. Néanmoins, pour ceux que le foot touche peu, pour ceux que la perspective de voir les bleus se prendre une méchante défaite, mais qui n’aimeraient pas davantage voir gagner aucun des autres pays autorisées à venir se mesurer les unes aux autres, voici une célèbre séquence de Pierre Desproges, qui semble avoir trouvé les mots pour dire cette indifférence.

C’est tiré des Chroniques de la haine ordinaire.

Et c’est e xa cte ment ça :

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