Popérisation

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On s’amuse, depuis un moment, à collecter les engagements extralucides de ceux qui, avant l’heure, ont exprimé leurs réticences vis-à-vis des systèmes dont ils ne savaient pas encore qu’ils existeraient un jour : SOPA et son avatar franchouillard, HADOPI, déclinaison provinciale telle qu’il en existe dans chaque région du monde connectée aux réseaux d’information, dans chaque région du monde en somme.

Nous avions déjà vu Frank Zappa rejoindre l’armée de ceux qui plaident en faveur de la licence globale ( http://www.ubris.fr/2008/06/185/ ), ce moyen de rétribuer les artistes à la juste mesure de l’accès qu’a le public à leurs œuvres. Voici Iggy Pop rejoignant les troupes, dès 1982, dans un ouvrage le captant dans un de ces climax inversés dont il est coutumier. Autant dire que, comme Zappa, il devance l’avis de mobilisation générale de plusieurs décennies, puisque les propos qui suivent viennent d’un temps où internet n’était encore qu’un fantasme croisé dans quelques écrits de Teihard de Chardin, entre autres. Qu’ils soient tenus par un artiste aux abois, ça n’en fait pas un discours de circonstance. Au contraire, la situation d’Iggy Pop peut tout à fait être considérée comme une démonstration par l’absurde de l’inadéquation du système actuel de distribution, et donc de vente, de la musique.

« Si je pouvais adhérer à un VERITABLE syndicat de musiciens, un syndicat de musiciens aussi puissant qu’un syndicat de mineurs, qui puisse me garantir le droit de poser mes doigts sur une guitare huit heures par jour – que je sois bon ou mauvais -, s’ils pouvaient me filer, disons deux cent cinquante dollars par semaine (ça vous paraît raisonnable ?), je serais ravi de chanter et de jouer sur commande pour le monde entier. Tu vois, je préfèrerais encore ça à l’industrie capitaliste de la musique telle qu’elle est aujourd’hui

L’industrie capitaliste de la musique m’a appris une chose. Soit tu es le dernier, soit tu es le meilleur. Soit tu grappilles les miettes, soit tu es sur le dessus du panier, un jouet populaire – le syndrome Ken et Barbie – et on se fout de ta gueule, la risée générale. Soit tu es comme eux, soit… pardon.

Si le système socio-économique des Etats-Unis était organisé de telle sorte qu’on puisse me garantir du boulot, dans la mesure où je suis disposé à faire de mon mieux, six jours par semaine, cinq nuits par semaine, et les dimanches en heures sup, en bon musicien socialiste, pour un salaire donné, eh bien je le ferais. »

Iggy Pop – I need more, 1982 – p. 142

On aura remarqué ?

D’un côté, nous avons certes peu de monde, mais tout de même : Iggy Pop, Frank Zappa. Des guerriers.En face, dans l’autre camp, qui avons-nous ? Des planqués. Dernièrement, Patrick Bruel et Françoise Hardy se sont encore exprimés sur la question de leurs revenus. Reconnaisssons à cette dernière une certaine expertise dans les aptitudes à la divination : en 1982, alors qu’Iggy Pop est une fois encore au fond du trou après sa période berlinoise et bowiesque, il trouve désormais le soutien de Chris Stein ( la moitié de Debbie Harry, et portion variable de Blondie ), parvenant péniblement à sortir l’album Zombie Birdhouse (le bien nommé, puisqu’il pourrait tout à fait avoir été enregistré par un de ces personnages dont Romero aime à nous conter les errances mélancoliques), Françoise Hardy nous lançait, avec cette langueur guillerette qui la caractérise, un conseil prémonitoire, à nous qui l’écoutons déblatérer sur ses angoisses économiques, les bras ballants, au bout desquels pendent des Smith& Wesson imaginaires : « Tirez pas sur l’ambulance », signant là un de ses singles les mieux vendus, et une supplication à laquelle on est censé aujourd’hui être sensible. Ok, on épargnera les chanteuses mièvres et on leur pardonnera, parce qu’elles ne savent pas ce qu’elles font, et qu’elles n’ont manifestement qu’une vague idée de ce qu’elles disent. En revanche, on aura du mal à épargner les joueurs de poker soucieux de protéger leurs gains. Il est possible aussi que le fiston Dutronc, sans doute bercé un peu trop près du mur d’un anarchisme de droite d’opérette (comme s’il suffisait d’aller poser sa villa en Corse pour oser tutoyer les chanteurs anars), goûte à la chaleur de nos canons : lui a répondu à l’avis de mobilisation, recruté par le gouvernement associé aux maisons de disques, soldat au garde à vous sous la bannière Hadopi, capable de déclarer la guerre à ceux qui ont la faiblesse de l’écouter sans passer à la caisse (je croise les doigts pour que celles de mes collègues qui sont un tout petit peu inconditionnelles de ce type qui, tout de même, se récupère la légende tzigane sans avoir à en subir les mésaventures, ne lisent jamais ces lignes), souhaitant qu’on aille jusqu’à « des mails, des machins, de la flagellation, le martinet, la fessée, une dictée. Enfin, des lois vraiment répressives, un truc vraiment chaud ». Qu’il ne s’inquiète pas, il n’est pas le seul à avoir des idées de ce genre, on a lu Lucky Luke est Astérix, nous aussi nous savons comment traiter les nuisances sonores.

Que globalement, les choses soient mal faites, on en conviendra. Il est en évidemment injuste de télécharger la famille Dutronc/Hardy, Madonna ou David Guetta, puisque ce ne sont que des produits, et que leur seule raison d’être, c’est de susciter un échange qui leur soit le plus avantageux possible. On ne devrait écouter gratuitement que les musiciens qui donnent leur musique au public ou bien laissent le choix de payer une somme qui est laissée à la libre appréciation de l’auditeur, ou encore font autre chose dans la vie pour financer le  quotidien, considérant la musique comme un loisir n’ayant pas à entrer dans le cirque du marché. Malheureusement, nos goûts, une certaine idée qu’on se fait de la musique ainsi que le simple fait qu’on ait nos têtes, tout ça fait qu’on sent bien qu’en gros, on accepterait au contraire sans peine de filer du fric à ceux qui alimentent leur compte Myspace ou Soundcloud, mettant en partage quelque chose qu’ils ont fait, mus par une nécessité musicale, alors qu’on a tendance à voir en chaque client des marques que sont Bruel, Dion, Madonna, Rihanna ou Sexion d’assaut (je les glisse dans la conversation, parce qu’on fera une petite explication de texte des bonshommes un de ces jours…), une victime qu’on vengerait volontiers en spoliant ces chefs d’entreprise de leur rémunération.

Parce que jamais Dutronc ne dira que ce qui rend nécessaires les disques qu’il fait, c’est le gain qu’il en tire. Elevé dans cette confusion permanente, grandi dans l’aisance d’une vie financée de part en part par la clientèle pas trop regardante de ses parents, c’est sans doute pour lui tellement « naturel » de pouvoir tirer des gains conséquents de ce qu’il fait qu’il ne se pose sans doute jamais la question de la légitimité de ce revenu. Enfin, quelque chose nous dit qu’il y a bien un moment où se pose la question de la promotion de ses disques, qui transforme quand même la libre activité musicale en une entreprise d’incitation massive d’un public qui ne s’y connaît pas trop à acheter LE produit qui squatte toute la bande passante médiatique, faisant comme si les autres n’existaient pas. Première question : Qui connaît un réel amateur éclairé en jazz qui achèterait un disque de Thomas Dutronc ? Deuxième question : Quel amateur éclairé de jazz a vu, dernièrement, à une heure de grande écoute, un des artistes dont il achète les disques promu dans une émission télévisée ? On peut assez sereinement affirmer que les chanteurs les plus vendus ne le sont que parce qu’ils utilisent les mêmes services que ceux que Patrick Le lay ( http://www.acrimed.org/article1688.html ) proposait, via la machine TF1, à Coca Cola : leur assurer des ventes massives en faisant en sorte que le cerveau de leurs clients soient obnubilés par leurs produits, faire en sorte que les jeunes filles en fleur aient plein de temps de cerveau disponible pour accueillir en elles le charme des chanteurs à la mode, et les hypnotiser suffisamment pour qu’elles aient l’impression qu’elles ne leur donnent de l’argent que parce qu’elles aiment librement leurs chansons, et leur personne.

Si la licence globale révulse à ce point quelques chanteurs et leurs fans, ce n’est pas parce que ce petit monde a bâti une réflexion approfondie sur la pertinence d’un art d’Etat, et sur la légitimité de faire des artistes des fonctionnaires. Certes, le discours ambiant utilise volontiers les concepts de « libéralisme » et de « marché » pour légitimer l’interdiction d’accéder à ces musiques d’ambiance autrement que par les canaux que ces marchands ont choisis. Mais tout montre qu’en réalité, la licence globale est le seul véritable marché libre en matière de musique : chaque artiste distribué à égalité avec les autres, chaque artiste promu de manière équivalente aux autres, et rémunéré selon la libre écoute du public, telle qu’elle existe en dehors du monopole médiatique de quelques uns. Parce que la vraie question n’est pas de savoir combien de fric quelques téléchargements volent à Florent Pagny, mais combien d’argent public a été dépensé par le service public pour financer des émissions télévisées au cours desquelles Florent Pagny a bénéficié d’une promotion totalement disproportionnée par rapport à la valeur réelle de ce qu’il propose, en faisant comme si c’était l’innocence et l’absence d’intéressement économique qui motivaient la réalisation de ses disques. A partir du moment où, depuis des décennies, Drucker et ses acolytes proposent, chaque samedi soir, chaque dimanche après midi, les mêmes têtes de gondole avec lesquelles ils ont tissé des liens manifestement intimes permettant de penser qu’il y a entente sur le fait qu’ils favoriseront la promotion de certains plutôt que d’autres, à partir du moment où le métier d’attaché de presse ou agent d’artiste n’est pas au moins autant réprimé que celui de proxénète, on peut considérer qu’on n’est pas en situation libérale, en ce qui concerne la musique, mais dans une situation qui permet à quelques uns de mettre l’Etat sous toutes ses formes au service de leur intérêt personnel. Et tout le monde voit bien que la licence globale n’est rejetée que parce qu’elle mettrait un terme à ces avantages, contraignant à partager un gâteau qui a encore de beaux restes (faisons confiance en la clairvoyance et en l’opportunisme d’hommes d’affaire tels que Garou ou Pagny : s’il n’y avait plus rien à gagner à faire ce qu’ils font, tout simplement, ils ne le feraient pas), et feraient notablement baisser les revenus de quelques uns pour autoriser le financement de tous.

On aurait aimé faire se rencontrer Iggy Pop et Florent Pagny sur un plateau. On imagine assez bien qu’après l’avoir parcouru du regard des cuissardes à la queue de cheval, l’iguane demanderait au renard hirsute combien de droits d’auteur il paie à Liam Neeson pour lui avoir piqué son look de Qui-Gon Jinn dans la Guerre des étoiles, pâlement copié pour sa participation à la loufoquerie « The Voice ». On doute que les deux puissent s’entendre, mais on doute aussi que le réfugié fiscal patagonien comprenne quoi que ce soit à la situation, l’autre ayant certainement l’élégance de déguiser son mépris en lui proposant de chanter en duo ce Louie Louie qui demeure le titre qu’il balance, des heures durant s’il le faut, aux gogos qui souhaitent le voir « jouer le jeu ». Pagny se sentirait honoré, n’y verrait qu’un coup de pub supplémentaire, un encouragement à produire davantage.

La question de la vente de la musique n’est évidemment pas isolée. Elle n’est qu’un cas particulier de la question plus générale consistant à se demander quel revenu peut être considéré comme légitime, particulièrement dans les domaines qui relèvent théoriquement du loisir, au sens le plus noble du mot. Pour reprendre les mots de Jim Osterberg dans l’extrait évoqué plus haut, on peut imaginer ce que serait notre paysage culturel, si chacun d’entre nous disposait d’un revenu et d’un temps libre suffisant pour garantir à tous la possibilité de faire de la musique (ou toute autre forme d’art), et si ce dispositif était accompagné d’une interdiction de faire commerce de ce qui ne doit pas être une marchandise. Quelque chose nous dit que nos oreilles seraient mieux élevées, que la musique redeviendrait une expérience singulière et serait de nouveau l’occasion de rencontres, et de partage.

Une dernière remarque : L’ouvrage dans lequel Iggy Pop collecte les éléments épars de sa vie pour dresser son propre portrait s’intitule I need more. Quelque chose nous dit qu’il ne s’agit pas d’une adhésion à un programme politique promettant une augmentation du pouvoir d’achat…

7 Comments

  1. Dites, ça fait bien plaisir de vous lire à nouveau.
    Par contre, le titre de votre billet m’échappe. J’y vois bien une référence à Karl, mais vu le contenu, on pense plus à Marx qu’à Popper – aurez vous la bonté d’éclairer ma lanterne?

  2. Hoho, je ne suis pas certain de pouvoir donner l’explication de tous mes titres, certains étant plus une source de honte que de fierté ! Là, j’ai vaguement bricolé quelque chose autour de la paupérisation. En fait, ça me fait assez rire d’avoir parfois honte de mes titres.

    Sinon, savoir qu’on est lu rassure. Mais j’admets que je produis peu cette année. Je suis un peu passé du côté obscur de la force, acceptant trop d’heures sup’. Du coup, je délaisse cette colonne, et pire encore, je délaisse mon cerveau. Je mesure, en essayant de reprendre un peu les affaires, là, à quel point ça s’oublie davantage que le vélo !

  3. Ce qu’il reste à savoir c’est si Iggy Pop et Frank Zappa tiendraient aujourd’hui les mêmes propos. La gent « intellectuelle » est souvent susceptible de revirements brutaux. Sans reprendre l’exemple couramment développé des anciens maoïstes devenus chantres du libéralisme ou celui de l’insupportable Cohn-Bendit qui n’a gardé de ses jeunes années qu’une constante mauvaise foi doublée d’un culot à toute épreuve et d’une indigence intellectuelle émérite, l’exemple de Nadine Trintignant ces jours-ci est éclairant.

    Alors que ces phares de la pensée comme Faudel, Bigard, Doc Gynéco, Johnny Halliday et autres Muriel Robin ont mis la pédale douce sur l’expression de leur sarkozysme primaire (on imagine mal quelque chose de potentiellement secondaire, voire tertiaire chez ces êtres dits pensants qui n’ont pas dû être doués d’autre chose que de la parole), qu’est ce qui peut pousser Nadine Trintignant à afficher son soutien au nabot ?

    Elle dont le militantisme à l’OCI (Organisation communiste internationaliste internationaliste du défunt Pierre Lambert), la même école qui forma dans ses jeunes années Jean-Luc Mélenchon, n’est un secret pour personne (ou plus exactement pour ceux que la Quatrième internationale, ses pompes et ses stupres, intéressent), comment peut-on expliquer que sur ses vieilles années, elle en vienne à de telles sottises ?

    Pas a priori d’appartenance évidente à la franc-maçonnerie qui pourrait expliquer ce ralliement, comme on subodore qu’elle sous tend certaines fréquentations douteuses d’un candidat estimable précédemment cité, lors de repas ou de remises de Légion d’honneur, même si du côté de l’OCI, malgré les mises en garde du bonhomme Léon, on se compromettait bien souvent de ce côté-là, mais des compromissions on y en connut bien d’autres. Pas d’intérêt économique évident.

    Un drame personnel affreux.

    Et puis surtout probablement cette inconscience doublée de sottise qui pousse Françoise Hardy qui avoue un revenu annuel de 150 000 euros (et quand on parle de revenu, c’est bien de rente qu’il s’agit, cette personne semblant montrer depuis quelques années un faible tropisme pour le travail) et qui déclare urbi et orbi que pour des gens comme elle, le régime fiscal (pourtant bien mesuré) du candidat socialiste la conduirait tout droit en enfer.

    On se prend alors à penser que le travail finalement c’est assez structurant (malgré qu’on en ait depuuis qu’on a lu, il ya fort longtemps, Paul Lafargue) et que passé un certain niveau de revenu, les gens racontent n’importe quoi. D’où la salubrité de la proposition du candidat Mélenchon qui prétend faire passer la guillotine fiscale au-dessus de 360 000 euros annuels (ce qui pour les nuls en calcul, correspond quand même à un revenu mensuel appréciable de 30 000 euros).

    C’est ce qu’on gardera à l’esprit ce soir Porte de Versailles quand, avec des dizaines de milliers d’autres, on scandera « Résistance », en gardant toujours à l’esprit malgré tout que la franc-maçonnerie c’est vraiment bien la grosse merde que décrivait Lev Davidovitch Bronstein et qu’elle peut fourvoyer dans des fréquentations douteuses un très bon candidat qui fait relever la tête à des gens qu’on estime et qu’on respecte. Et pour qui la valeur travail est autre chose qu’un gadget à ressortir tous les 5 ans.

  4. De retour des résultats… Je crains que s’il faut désormais ne rien lâcher, ça se passe plus dans les rues, dans la vie que dans les urnes…

  5. Ca se passe dans les deux. Dans les urnes dans 10 jours et ensuite independamment du resultat (qui nous sera « favorable »), ca continue dans la rue. Pas d etat de grace pour Hollande. Qu on ne prenne pas le pretexte du Front national pour nous demander de taire nos revendications : ce serait le meilleur moyen de faire gonfler encore le score de la truie blonde et de ses seides.

    La seule chose qui m inquiete c est que je suis dans le sud de l Italie et quand je vois l etat des transports en commun ici, je me demande si j ai prevu assez large comme temps pour entrer en France a temos pour voter le 6 mai.

    S il s agit de trouver comment employer le peu d argent qui reste a des travaux d interet collectif qui relancent l activite, je suggere qu on fasse un vrai metro a Naples et que les trains de banlieue quittent le XIX eme siecle !

  6. Tout d’abord, je ne peux que saluer la qualité de votre blog et des sujets évoqués. Si le niveau intellectuel et culturel et le vocabulaire dépassent souvent mes capacités, j’ai plaisir à lire ces articles qui sont bien souvent éloignés de mes centres d’intérêts premiers.
    Découvert via « DeviantArt » en tappant « Colombes » à tout hasard, (mon ancienne ville), je me retrouve saisi par l’intensité de vos articles. Il me reste à prendre le temps de tout lire et de rattraper mon retard.
    Ceci étant dit, je souhaitais réagir sur la question de la musique et de sa commercialisation à notre époque.
    Ayant 25 ans, j’ai connu le CD, les singles matraqués sur les chaines hertziennes… mon enfance…ma jeune adolescence.
    Puis vint le dérèglement complet. Ma génération a pris le train a son démarrage avec les balbutiements inévitables d’un tel bouleversement.
    Mais le fait est qu’à ce jour comme avant le www, la société est toujours divisée entre ceux qui écoutent ce qu’on leur lance et ceux qui cherchent.
    Pour cette seconde catégorie, le dérèglement est une aubaine aussi jouissive que vertigineuse. Un plaisir de tous les jours qui a un revers. Comme moi, beaucoup multiplient les découvertes sans jamais approfondir. On veut tout, le nouveau et l’ancien. L’alternatif des 70’s, le dernier mix Soundcloud de la dernière hype d’NYC, tous les bootlegs de Nirvana, … Bref trop pour une vie.

    Pour la première catégorie de personnes, rien n’a vraiment changé. D’accord, acheter le dernier Guetta sur iTunes plutôt qu’à la FNAC, est une démarche un peu différente, mais la finalité est la même.

    S’en prendre aux médias comme vous le faites dans l’article est aussi facile qu’inévitable pour qui aime la musique. Le défilé des mêmes tronches, sans aucun apport critique est à vomir. « On reçoit aujourd’hui Machin venu faire la promo de son 34ème album intitulé truc, qui sera d’ailleurs à l’Olympia le 12 juillet, blablabla ».

    En ce qui concerne le financement, sous entendu d’artistes et pas de produits, les initiatives et les projets se multiplient comme Ulule et d’autres. C’est motivant pour certains. Mais avouons que quand on s’est habitué très facilement à avoir accès à tout en permanence et gratuitement, il est compliqué d’attribuer un budget musique. Surtout quand il est déjà compliqué de s’attribuer un budget Alimentation.

    La License globale est la moins mauvaise des solutions. Comme vous l’avez très bien dit, peut être qu’une rétribution différente nous épargnerait Pagny, Garou, Dutronc et les bons clients des Ruquier, Ardisson et cie.

    Bonne continuation, vous venez de vous installer dans mes favoris.

    Zicalement

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