Connecting People – l’humanisme de l’autre homme entrevu sur Chatroulette

In CHOSES VUES, MIND STORM
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« Johnny’s always running around
Trying to find certainty
He needs all the world to confirm
That he ain’t lonely »

D’aussi loin que je me souvienne, la première fois que j’ai entendu parler de ce que serait, pour moi, longtemps, le net, ce fut une interview que j’entendis, enfant, de Michel Berger, racontant que le soir, il composait au hasard des numéros de téléphone, et parlait avec les inconnus, quand ils décrochaient, et quand ils acceptaient l’idée de dialoguer ainsi avec quelqu’un qu’ils ne connaissaient pas.
Se formait alors en moi, ce qui fut peut être un tout premier mouvement philosophique : les autres n’étaient pas restreints au seul cercle familial. Non seulement, tous ceux auxquels je n’avais pas le droit de répondre dans la rue, les fameux inconnus, étaient en fait des interlocuteurs potentiels, mais il existait même des moyens techniques permettant d’entrer en contact avec eux à distance, et on pouvait carrément se permettre de les appeler. Ce monde m’était toujours fermé, car j’avais une idée floue de la manière dont on pouvait ainsi utiliser le téléphone, mais je savais qu’une frontière se lézardait : un jour, je pourrais rencontrer les autres, et je savais déjà que ça pourrait se faire, même en leur absence.

Le net, si on veut bien ne pas le réduire au simple tuyau autoroutier déversant des informations dont on ne sait si elles sont des biens communs ou des marchandises, ce fut avant tout cela : un lien entre les êtres humains, nécessitant d’autant moins leur présence physique au même moment au même endroit que les moyens techniques qu’étaient les ordinateurs, associés à des périphériques toujours plus fins dans leur manière de mettre les autres en présence permettaient de mobiliser bien plus que leur cors : c’était, de toute évidence, tout leur être qui était, par ce réseau, connecté aux autres.
Se rejouait alors, via les ICQ, via les précurseurs des MSN, via les AIM encore rudimentaires, ce qu’avaient déjà vécu les marins, les routiers et les radioamateurs auparavant : tout comme les usagers de la CB avaient pu vivre, pendant des décennies, la singulière expérience d’être mis en contact, parfois par la simple écoute des autres, parfois à travers des conversations que d’autres pouvaient écouter, avec les autres, au sens large, c’est-à-dire non pas le cercle d’amis, non pas les semblables, mais tout autre, n’importe qui, l’ordinateur devenait à son tour le phare miniature qui permettrait, tout d’abord chez soi puis, miniaturisation aidant, tout le temps, via n’importe quel téléphone portable connecté à son tour au net (rendant obsolète, dès lors, sa fonction de téléphone) de se brancher à l’humanité toute entière, de lancer à travers la noosphère des signaux dont on se dit qu’ils peuvent être captés, compris, et qu’ils susciteront, peut être, une réponse.

Ainsi, internet fut il, avant tout, pour ceux qui y furent sensibles, la matérialisation du fait qu’à la question « quelqu’un m’attend il quelque part ? », la réponse était « oui, 24h/24 ». Et à la question « Qui ? », la réponse s’approchait de plus en plus, asymptotiquement, de « l’humanité toute entière ». Rien de nouveau sous le soleil, en fait : nous pouvons à tout moment sortir dans la rue et hurler au monde entier notre désir de connexion, mais de fait, la présence physique de notre corps hurlant dans l’espace public gène, là où les purs signaux apparemment désincarnés que nous lançons dans l’espace numérique sont parfaitement décents. Tout se passe alors comme si le net était un lien immédiat, qui se passe d’espace social, qui se passe de place publique (et si on comprend ça, on comprend mieux la délicatesse de toute ambition de légiférer dans cet espace là, car il est au sens propre utopique (il n’est justement pas un espace (et au passage, ça explique le caractère vain des mises en espace de type SecondLife), et il abolit les conventions habituellement respectées dans l’espace), qui fonctionne alors non pas dans l’effort d’aller vers l’autre en franchissant tout ce qui nous en sépare, mais dans la disponibilité envers l’autre, et la reconnaissance de ce qui nous unit à lui.

J’imagine assez en quoi ces propos sur le net peuvent sembler déplacés pour des utilisateurs actuels des moyens de communication, et des réseaux sociaux. En effet, Facebook, Twitter, les sites de rencontre fonctionnent selon un principe exactement inverse à ce que je viens de décrire. Le simple concept de « réseau social » en dit d’ailleurs long : On se connecte entre gens de bonne compagnie, on choisit qui fait partie du réseau et qui en est exclu, on réserve ses gazouillis sur Twitter à quelques personnes soigneusement choisies sur des critères qui peuvent aller de « j’ai confiance en toi » à « tu es l’élément qui manquait à ma panoplie d’amis, et ton avatar est harmonieusement coordonné à l’image que je souhaite donner de moi et de la bande de djeuns que je semble être à moi tout seul, grâce à ta présence dans mon cercle intime, qui contient déjà 400 personnes ». On poke certains, on dédaigne les pokes des autres, on sollicite les uns pendant qu’on désamifie les autres, on soumet tout son « entourage » (prononcez le mot avec l’accent anglo-saxon le plus puissant) à la menace permanente d’être nexté, jugé soudainement pas à la hauteur, insuffisamment attentif, pas assez attentionné ; pas assez d’amour exprimé pour la dernière vidéo mise en ligne, pas assez d’applaudissements pour mon dernier score à Goo, pas assez de commentaires sur la musique que j’aime, décidément, tu ne me mérites pas, et l’altitude depuis laquelle je te lâche est à la mesure de l’engagement qu’on avait semblé prendre l’un envers l’autre quand on s’était acceptés comme amis. On avait juste oublié que des amis, on en avait 400 chacun, que l’association de nos réseaux respectifs, ça en faisait presque 1000, et qu’on serait bien incapable de donner ne serait ce que des détails basiques sur une vingtaine d’entre eux, parce que ce qui compte, c’est moins de s’intéresser à eux, que d’obtenir d’eux le témoignage de leur propre intérêt.
Dès lors, Wikipedia, Google, Meetic et Facebook, en transformant le net en gigantesque banque de données (et deux d’entre ces quatre contribuent bel et bien à la transformation des humains eux-mêmes en simples données (et je ne mentionne même pas toutes les propositions plus spécialisées, qui permettent de se classer soi même dans telle ou telle sous catégorie de marchandise, selon ses goûts sexuels (et pas seulement sur la base de la seule attirance pour tel ou tel sexe, ce serait trop vaste), selon sa pilosité (oui), selon la taille de ses organes (oui oui), selon le degré de réduction au sexe qu’on compte appliquer à la rencontre (ta rencontre, tu la veux soft (elle sera gratuite), ou sexe (il faudra payer), ou hard (il faudra non seulement donner ton n° de CB, mais aussi payer de ta personne) ?) selon qu’on conçoit ce qu’est une rencontre comme devant avoir lieu avec tel ou tel autre figurant), ces sites et leurs semblables ont peu à peu fait passer l’expérience numérique d’une projection de soi dans une dimension jusque là inconnue à une absorption la plus GIGAntesque possible de données, qu’il s’agirait d’accumuler, au cas où on aurait un jour quelque chose à en faire (mais qui fait quoi que ce soit d’une telle masse d’information, à part ceux qui sont capables de la trier pour revendre le fruit de leur arborescence ?). On comprend mieux, dès lors, un détails de vocabulaire assez frappant sur Facebook : on s’y réunit autour d’un mur, et ce mur collectif, s’il porte ce nom, n’est rien de plus que la face interne d’une frontière à l’intérieur de laquelle se retrouvent ceux qui ont été cooptés comme pouvant « entrer » dans l’espace commun. En dehors, les autres, qui ne verront du mur que sa face aveugle et muette, exclus. Sur Facebook, ceux qui ne comptent pas au nombre de mes amis sont comme des morts vivants, maintenus à distance des gated-communities, à l’intérieur desquelles on décore les murs de futilités, pour mieux rendre anodin un principe qui est, tout de même, sur le fond, le même que celui qui a mené des communautés politiques à s’isoler au milieu de murs, pour se protéger d’autres conçus comme a priori indésirables.

Dès lors, quand on voit les tentatives de plus en plus appuyées de légiférer le monde numérique, on sent bien qu’on ne peut pas éternellement y échapper. Et pourtant, on sent aussi que quelque chose de plus essentiel se joue, et que ça peut concerner quelque chose d’intime dans l’humain. A tel point qu’il serait peut être temps de distinguer, au sein de ce qu’on appelle « Internet », d’un côté ce qui relève de la diffusion d’informations, et de biens au sens large, bref, le commerce, ou ce que les latins auraient appelé le « négoce », et de l’autre ce qu’on devrait considérer comme la part non négociable, c’est-à-dire le pur lien entre tout être humain se connectant à ce qui s’apparente, tout de même, au réseau des consciences. Teilhard de Chardin n’est pas devenu par hasard un des papes des réseaux numériques : ayant entrevu la nécessité future (il écrivait depuis la première moitié du 20ème siècle) de connecter les consciences humaines, pour leur faire accomplir cette unité que la séparation corporelle, et spatiale, rendait impossible, il inventait le Net avant l’heure, et l’appelait « Noosphère », du grec Noos, qu’on pourrait traduire par « Esprit ».
Et c’est sans doute à travers ses dispositifs de mise en contact les plus rudimentaires que le net, conçu selon cette seconde dimension, retrouve au mieux ses racines. Loin des classements méticuleux d’amis permis par les réseaux sociaux (sur le mode « excuse moi, mais je n’accepte pas encore ta demande d’amitié, car je viens juste de reconfigurer toute la nomenclature selon laquelle je classe mes relations, et je ne sais pas trop où te caser : « Fuck Buddy potentiels » ? « Ouverture intéressante vers des nouveaux friends plus cools auxquels je ne peux pas encore prétendre » ? « Ressource professionnelle à ne pas négliger » ? »), loin des fiches de recherche intégrant des détails aussi poussés que « revenus », ou « couleur de la peau » ou « uro » ou encore « orientations politiques », qui ne font que séparer ce qui est censé être lié, le plus essentiel du net se trouve sans doute dans ce qui ressemble le plus à une connexion sans intermédiaire, c’est-à-dire une rencontre non choisie.

C’est exactement ce que propose le site www.chatroulette.com : le B.A BA du contact entre êtres humains : on se branche, on se retrouve avec quelqu’un et on voit. Regarder, être regardé. Pas de mise en spectacle visant telle ou telle partie de la population à laquelle on souhaite appartenir, pas de happy few, pas de carré V.I.P. ni d’heureux élus. Là, les regards se croisent, souvent très rapidement, parfois on s’attarde, on échange, et on se quitte, sans avoir aucun moyen de se retrouver. C’est exactement ce niveau d’intimité universelle qui est atteinte dans les communautés où le sexe est suffisamment libéré pour pouvoir se vivre entre parfaits inconnus : au-delà de la consommation de l’autre (dont on revient vite, en fait, pour peu qu’on n’y sombre pas), se forme une véritable communauté, dépassant toutes les frontières habituelles qui barrent l’espace social, parce que voila, le contact sexuel immédiat direct n’a que faire des ces identités là. Alors, www.chatroulette.com, c’est l’expérience fondamentale du sexe, sans le sexe (ou presque).
La proposition peut sembler triviale, et c’est trivialement qu’un certain nombre d’utilisateurs la vivent. Néanmoins, au-delà de la possibilité de zapper la planète entière (mais c’est sans doute une déformation provoquée par l’habitude prise de sélectionner en permanence ceux qu’on juge dignes d’accéder à notre cercle ambiant), on a là l’exacte reproduction, rendue possible et efficace, de cet acte qui consistait à taper au hasard des numéros sur son téléphone, pour rejoindre telle ou telle solitude soudainement abolie. Et sans doute la puissance de l’expérience est elle à la hauteur de ce qu’il y a en nous de désir, c’est-à-dire de vide à combler, non pas sur le mode de l’avoir, mais sur le mode de l’être, parce qu’en définitive, ce que ces moyens techniques rendent possible, c’est précisément l’être humain (si on coince sur cette phrase, on la relit en entier, en insistant sur la première occurrence du mot « être », et en glissant de manière souple et agile vers la deuxième et dernière occurrence.

De l’être à l’être humain.

Evidemment, on sait bien que les critiques sur chatroulette pleuvent : clientélisme, exhibitionnisme (le site est sans doute un de ceux qui cumulent le plus de bites livrées au regard du premier venu (c’est-à-dire, et ça n’ira pas sans poser, à terme, de problèmes, de mineurs, par exemple)), mais au-delà de tout ce qui fait de cette proposition quelque chose d’évidemment décevant (mais hey, ce ne sont que des êtres humains !) il y a là une sorte de retour aux sources low-tech vers une essence sur-naturelle, plus que naturelle des moyens techniques constituant un lien entre les hommes : je me branche sur l’humanité entière, et le premier venu en est le visage (ou, parfois, d’autres partie du corps, on l’aura compris). La plupart des commentateurs y voient l’esprit de Sade, on peut aussi y reconnaître celui de Lévinas.

Oui, Levinas.

Parfaitement.

Parce qu’à vrai dire, si Michel Berger et son téléphone furent un moment de surrection philosophique, le moment de l’insurrection (c’est-à-dire le moment où ce mouvement, en moi, s’est retourné contre lui-même, c’est-à-dire a commencé à devenir réflexif), c’est la découverte de Lévinas, à travers ce petit livre d’entretiens qu’est Ethique et infini.

« « Il y a » pour moi est le phénomène de l’être impersonnel : « il ». Ma réflexion sur ce sujet part de souvenirs d’enfance. On dort seul, les grandes personnes continuent la vie ; l’enfant ressent le silence de sa chambre à coucher comme « bruissant »

– Un silence bruissant ?

– Quelque chose qui ressemble à ce que l’on entend quand on approche un coquillage vide de l’oreille, comme si le vide était plein, comme si le silence était un bruit. Quelque chose qu’on peut ressentir aussi quand on pense que même s’il n’y avait rien, le fait qu’ « il y a » n’est pas niable. Non qu’il y ait ceci ou cela ; mais la scène même de l’être est ouverte : il y a. Dans le vide absolu, qu’on peut imaginer, d’avant la création – il y a. (…) J’insiste en effet sur l’impersonnalité de l’ « il y a » : « il y a » comme « il pleut » ou « il fait nuit ». Et il n’y a ni joie ni abondance : c’est un bruit revenant après toute négation de ce bruit. Ni néant, ni être. J’emploie parfois l’expression : le tiers exclu. On ne peut dire de cet « il y a » qui persiste que c’est un évènement d’être. On ne peut dire non plus que c’est le néant, bien qu’il n’y ait rien. De l’existence à l’existant essaie de décrire cette chose horrible, et d’ailleurs la décrit comme horreur et affolement.

– L’enfant qui sur son lit sent durer la nuit fait une expérience de l’horreur…

– … Qui cependant n’est pas une angoisse. Le livre est paru avec une bande où j’avais fait inscrire : « On commençait à parler beaucoup d’angoisse à Paris, en 1947… D’autres expériences, toutes proches de l’ « il y a » sont décrites dans ce livre, notamment celle de l’insomnie. Dans l’insomnie, on peut et on ne peut dire qu’il y a un « je » qui n’arrive pas à dormir. L’impossibilité de sortir de la veille est quelque chose d’ « objectif », d’indépendant de mon initiative. Cette impersonnalité absorbe ma conscience ; la conscience est dépersonnalisée. Je ne veille pas : « ça » veille. Peut être la mort est-elle une négation absolue où la « musique est finie » (on n’en sait rien, d’ailleurs). Mais dans l’affolante « expérience » de l’ « il y a », on a l’impression d’une impossibilité totale d’en sortir et d’ « arrêter la musique ».

Je saute quelques lignes, pour aller directement à la fin de ce chapitre :

« Pour sortir de l' »il y a », il faut non pas se poser, mais se déposer; faire un acte de déposition, au sens où l’on parle de rois déposés. Cette déposition de la souveraineté par le moi, c’est la relation sociale avec autrui, la relation dés-inter-essée. Je l’écris en trois mots pour souligner la sortie de l’être qu’elle signifie. Je me méfie du mot « amour » qui est galvaudée, mais la responsabilité pour autrui, l’être-pour-l’autre, m’a paru, dès cette époque arrêter le bruissement anonyme et insensé de l’être. C’est sous la forme d’une telle relation que m’est apparue la délivrance de l' »il y a ». Depuis que cela s’est imposé à moi et s’est clarifié dans mon esprit, je n’ai guère parlé dans mes livres de l' »il y a » pour lui-même. Mais l’ombre de l' »il y a », et du non-sens, me parut encore nécessaire comme l’épreuve même du désintéressement. »
Levinas – Ethique et Infini; L' »il y a », P.37sq

Il est trop facile de voir l’humanité de l’autre homme dans les visages choisis, sélectionnés par nos propres soins pour jouer le rôle de « l’autre » selon les critères arbitraires qui nous conviennent. Quelles que soient les raisons qui nous font aligner tel ou tel figurant contre le mur de nos propres lamentations, afin de dresser un portrait robot de ce que nous reconnaissons comme « humain », l’humanité telle que nous la reconnaissons volontiers est toujours partiale, et partielle. A l’inverse, le contact immédiat permis par ce dispositif technique minimaliste de la roulette russe du contact humain met en scène, de manière pertinente, tout ce que l’autre être humain est pour nous : n’importe qui, et pourtant au delà de toute indifférence possible. On peut le zapper, mais on sait bien qu’on ne vient pas de switcher entre deux chaines de télévision, car derrière l’image vidéo, c’est une présence au monde qui vient de se voir délaissée par un regard humain. N’importe qui devient le visage de l’humain, y compris ceux qui ne montrent pas leur visage : présences offertes au regard, dans la parfaite conviction que ce sont bien d’autres hommes qui sont à l’autre bout du fil, d’autres respirations, d’autres « êtres-pour-l’autre » en quête de rupture avec la mer noire de l' »il-y-a », d’autres hommes qui prennent le risque de se transformer en flux de données, pour sortir grâce à autrui du simple ensemble de données auxquel nos sociétés, et les réseaux sociaux qui en sont les relais, les réduisent.

Si le net se veut se lien ouvert, et l’abolition des frontières, alors il faut accepter le prix de cette immédiateté : la stricte égalité. N’importe qui devient le visage de l’humanité, le premier venu, au sens strict, peut être accueilli, et je ne peux pas exiger que ce soit réciproque. Unilatéralité du respect. Mon visage, au milieu des autres, anonyme, réduit à sa simple présence. Même pas moi en quelque sorte, puisque non réductible à des coordonnées ou à un profil. Méconnaissable donc, mais humain, après tout.

Illustrations : alternance de portraits captés sur Chatroulette et des portraits plus classiques de Teilhard de Chardin, puis de Lévinas.

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