Empty Space
Par Youri Kane Catégorie : AUDIO, PLATINES, POP MUSIC 32 commentaires »3 décembre 2008
Qui furèterait dans mes playlists pourrait être étonné de voir le même titre répété en quasi boucle, d’autant que le titre en question a pour auteurs un groupe dont il est peu probable qu’il laisse une quelconque trace dans l’histoire de la musique (mais bon… s’il fallait n’écouter que ce qui est censé laisser une trace…). Il y a des groupes qui semblent voués à n’être connus que pour un seul titre, des titres qui semblent promis à un avenir dans lequel ils seront plus connus que ceux qui les ont produits. C’est peut être un phénomène de cet ordre qui a lieu avec cet « empty space » du groupe Air Traffic. On a beau écouter le reste de la production de ce groupe, on n’arrive pas à saisir comment au milieu d’une « oeuvre » qui fait quand même beaucoup penser à un bon gros potage ils ont réussi à pondre un truc pareil. J’entends déjà dire que la recette est usée : piano, voix, brisures dans tous les sens : rythmiques, vocales, structurelles; déchirures dans les paroles (mais n’est ce pas le cas de toutes les bonnes chansons pop’ ?), dans la mélodie, les arrangements. Mais le morceau s’insinue là où il faut, comme s’il savait que ce qu’il vise en nous a toujours plus ou moins porte entrouverte, il lui suffit de taper doucement à la porte pour qu’on le laisse entrer. C’est le genre de morceau auquel tout sera par avance pardonné : le trop plein de pathos, la complaisance, et même la référence un poil trop appuyée à Muse, qui semble ici comme chez beaucoup d’autres groupes avoir libéré les chanteurs des blocages qui les empêchaient de grimper dans les aigus. Ici on emprunte volontiers le téléphérique pour les cîmes, parce qu’on sent bien qu’on est dans ce genre de souffrance qui réclame qu’on monte en altitude pour respirer un air nouveau.
En fait, de plus en plus, je me demande si ces morceaux pop’ ne sont pas tout bonnement les plus fidèles héritiers de ce que nos ancêtres musiciens ont pu, jadis, appeler « passion ». Oui, carrément.
Oh ! J’ai découvert ce titre en l’entendant utilisé comme générique final d’un des épisodes de Clara Sheller, ce qui pourrait bien aggraver mon cas, si jamais il semblait déjà un peu grave !
