C’est la guerre (qui est aussi le titre d’un très bon bouquin de Calaferte, que nos cerveaux innocemment enfants devraient peut être lire).

In "CE QUI SE PASSE", INTELLIGENT PORNO, MIND STORM
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Puisqu’on a quand même failli se foutre joyeusement sur la gueule avec les russes (ce qui est bien, au moins, c’est qu’on arrive a écrire et lire des phrases dignes des plus antisoviétiques des épisodes de James Bond tout en ayant l’air tout à fait sérieux: il y a trois mois, celui qui aurait écrit des choses pareilles aurait eu l’air d’un abruti, ou d’Hibernatus, ce qui montre bien à quel point faibles sont les choses humaines (à se demander si il ne vaudrait pas mieux s’en remettre à des choses plus éternelles, et peut être bien que la visite de B16 (on dirait le nom d’un bombardier (d’ailleurs, c’EST le nom d’un bombardier !) n’aurait pas un peu pour but de nous faire saisir qu’il va être temps de s’en remettre à autre chose qu’à la réalité (mais on y reviendra)), puisqu’on en est au point où il faut remercier Oppenheimer et sa bande de joyeux bricoleurs de nous avoir mis en main ce qui, simultanément, nous retient de déclarer la guerre, et permet à d’autres de profiter de l’impossibilité de déclarer la guerre, il est peut être temps de se faire de nouveau à la guerre.

Le problème, c’est qu’on y est tellement habitués sur les écrans, que finalement, on ne suppose même plus que la guerre puisse être, aussi, une réalité de terrain (on en est au point où il faut emmener les familles des militaires sur le théâtre des opérations pour qu’ils puissent y croire. Autant dire que si on avait fait ça lors de la première guerre mondiale, les tour operators auraient trouvé là un filon à exploiter et on aurait vu fleurir autour des tranchées des chaînes hôtelières aptes à accueillir toutes les familles venir vérifier de leurs yeux que oui oui, la guerre tue, et c’est pour ça qu’on y envoie nos fistons.

Complètement par hasard, je suis tombé sur cette oeuvre de l’artiste contemporaine Orlan intitulé, (comme il se doit) « L’origine de la guerre ». J’étais plus habitué à son travail effectué sur elle même, qui n’est pas sans intérêt, qui est même au delà de ces petites préoccupations mesquines qui nous animent (sera-ce bientôt la guerre ? Pourquoi sent on cette espèce de fébrilité et ces tremblements de doigt sur la gâchette ? Ne serait ce pas là une certaine solution à nos petits problèmes de croissance (la seule solution connue, en fait, je crois)? etc.), mais cette oeuvre ci, bien qu’un peu « facile » dans son détournement, m’a semblé correspondre à ce qu’on est en train de vivre : mélange de survie (mine de rien, il en va de notre énergie, et en être privés, ou voir son prix augmenter pourrait nous nuire) et de testostérone, notre potentiel destructeur est là, à la croisée des chemins désignée par ce pylone dressé au beau milieu de notre paysage. Orlan voit, derrière la petite provoc’, assez juste finalement.

Et du coup, tout ça m’a fait penser à l’énergie dansante des années 80′, où des groupes tels que Frankie Goes to Hollywood lançaient sur les ondes des appels radio au crashtest des civilisations. « I’m working for the black gas », disaient ils tranquillement tandis qu’en arrière plan les basses jouaient les orgues de Staline et les boites à rythme pilonnaient dans une énergie toute sexuelle le territoire.

When two tribes go to war, voila (avec, bien sûr, notre spiritualité naissante (et dont on va bien avoir besoin (à défaut de pouvoir d’achat, de l’opium gratos, c’est pas mal aussi)) et l’incontournable progéniture datienne) notre prochaine story. Et pour une fois, il est fort possible que celle ci rejoigne l’Histoire. Halleluiah !

Switch off your shield.

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