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Croupe d’Elite

Avril 1995, dans le n°755 de Vogue, un mini roman photo met en scène Carla Bruni en épouse de choc, menée par un instinct de prédatrice d’Elite. Derrière l’objectif se trouve l’un des grands noms de la photo de mode : Thierry Le Goue, qui excelle dans ce genre d’exercice où les contrastes transforment la mode en série noire. On ne sait trop si on devinait déjà que le jeu de massacre deviendrait un jour politique, et que la République deviendrait le terrain sur lequel se joueraient d’autres polars, dans lesquels les poker faces s’exileraient des défilés de la fashion-week pour transformer la nation toute entière en gigantesque catwalk.

La séquence retrace un « marriage à la mode », lui permettant d’accéder à la fortune de son mari de fortune, de manière très provisoire, puisque l’union ne durera que le temps d’obtenir ce qu’elle croit lui être dû. Mariage, (ça, c’est fait dans la vraie vie), baptême (on ne sait pas quel timing a été choisi par les experts en communication), enterrement (veuillez réprimer ce mouvement d’impatience qui vous prend à la lecture de ce mot). Trahisons dès le jour de l’union, rejeton qui ressemble plus au chauffeur qu’à son père théorique (il faut dire que le chauffeur, c’est Lambert Wilson), meilleure amie qui complote contre les intérêts de la reine du jour, comédie des sentiments et maîtrise des apparences. Tous les ingrédients sont là, plus de 10 ans à l’avance.

Il paraît que le talent politique peut consister à transformer les scenarios les plus improbables en réalité. On rajoutera que l’époque contemporaine semble avoir tordu le coup aux utopies sociales, mais a ouvert grand la porte à la réalisation des fantasmes de quelques uns.

Voici, en quelques photos, le récit possible du mariage qui unit la première dame de France au pays avec lequel elle s’est liée, pour le meilleur principalement.

2 Replies to “Croupe d’Elite”

  1. Effectivement, le rapprochement est saisissant ! Et, effectivement encore, ton diagnostic sur l’époque contemporaine me semble tout à fait juste (signes d’une dépravation aiguë ?). Un peu difficile de comprendre les trois dernières phrases de ton premier paragraphe, je crois bien à peu près voir le sens général mais le reste m’échappe, curieux cet usage (répété chez toi) de mots anglo-saxons en plein corps du texte (ça me rappelle un peu Vivre et penser comme des porcs) : question de cosmopolitisme ? ou bien la langue anglaise prolonge-t-elle ta pensée, permet de faire des croisements/hybridations intéressants ?

  2. Je ne sais pas trop à quoi est due cette soudaine invasion de l’anglais. Sans doute le fait que ce sont ces termes là qui désignent ce monde de la mode, et que ça me semblait « sonner » mieux ainsi.Peut être « poker face » n’est il pas d’usage très répandu, mais il suffit d’écouter Lady Gaga pour comprendre ! En fait, l’usage d’expressions anglaises est une tentation permanente, et je l’apprécie volontiers dans l’écriture de quelques uns, tels que Didier Lestrade, mais c’est parce que je sais que ça correspond chez lui à une hybridation véritable, permise par des voyages, des expériences. Je ne peux prétendre à une immersion identique, du coup je me retiens ! Mais bon, la langue s’hybride, et s’il y a une mondialisation provoquée par cette invasion de l’anglais (ce que je ne crois pas : l’usage de ces mots, quand ils sont introduits dans des textes français, m’apparaît spécifique, détourné. A mon sens, les mots étrangers introduits dans sa propre langue relèvent moins de l’invasion étrangère que de la prise de guerre, ou plus sereinement, de l’invitation.
    Pour Vivre et penser comme des porcs, je n’y pensais pas. Mais oui, il y a un effet de ce genre là !

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