Midlife Crisis

In "CE QUI SE PASSE", MIND STORM
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Que des bonnes nouvelles ces jours ci.

Luce reprend Guesch Patti, ce qui m’a fait réécouter, aujourd’hui, ces albums étonnants que furent Labyrinthe, Nomade, Gobe ou Blonde (Labyrinthe, et Blonde, surtout, à vrai dire). Les années 80 n’ont pas produit que des catastrophes, y compris dans le domaine tout de même un peu particulier de la musique française de ces années là.

Buzy, celle qui aurait pu sérieusement être un pendant féminin à Bashung, sort un nouvel album, Au bon moment, au bon endroit, et il n’est pas mauvais du tout. Apaisé, dégagé des modes, blues sans être tourné vers le passé, juste actuel, bien dans ses bottes, ajusté.

La télé, sur France 3, rend hommage à des gens qui ont construit sa propre histoire. Passons sur le chapitre Zitrone et Lux, un long moment est consacré à Mourousi, et on se surprend à se souvenir que TF1 fut cela, aussi, et à regarder discrètement un calendrier pour vérifier qu’on est bien 30 ans après, et non avant les année 80. Vérification faite, nous avons même entre temps franchi le cap d’un millénaire supplémentaire. J’ai regardé Pernaud ce midi. Il doit y avoir une erreur quelque part. On a du s’égarer.

Le nouvel album de Sophie Hunger, qui a le double bon goût d’être tout simplement bon, et de se payer l’une des meilleures photographies de pochette qui soit, s’intitule 1983. Signe des temps.

Didier Lestrade sort ses chroniques du dancefloor, recueil des articles du journalistes, courant de 88 à 99. Parallèlement, la galerie 12mail organise une exposition à la gloire du magazine Magazine, revue créée par Lestrade, publiée entre 80 et 87, qui fut aux eighties ce que Butt peut être pour nous. Enfin, pas tout à fait. Pour le peu que j’aie pu en voir, il y a dans Magazine une sorte de manière élégante de ne pas révéler la gravité, sans être superficiel. Sans doute est ce du au talent qu’eurent ces années là pour faire de la surface une espèce de décalque du fond, aptitude que nous avons manifestement perdue, en voulant systématiquement mettre en scène la lucidité, montrer le plus clairement possible qu’on est malin, qu’on ne nous la fait pas, qu’on échappe à toute forme de naïveté.

Bref, le meilleur des années 80 semble ressortir des cartons, après cette phase pénible pendant laquelle on en exhumait le pire.

Mais ce n’est encore rien. Car il y a mieux encore, plus crucial et plus fondateur, dans ces fantasques eighties : la Crise.

N’ayez crainte, je vous prépare un petit retour vers le futur, précisément à propos de la crise et des années 80.

Patience patience. J’y travaille.

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