Archives pour octobre 2008

Midlife Crisis (ça devient difficile de trouver des titres sur la crise qui n’aient pas déjà été utilisés, celui là vaut ce qu’il vaut, mais il a l’avantage d’être un hommage à ce groupe dont le nom est finalement, un beau sous titre pour « ce qui se passe » : Faith No More »)

Par Youri Kane Catégorie : "CE QUI SE PASSE" 21 commentaires »16 octobre 2008

Bien, pendant que ça sifflote dans les stades et que tout le monde (moi y compris sans doute) tient des propos outranciers sur la question, le monde continue son petit bonhomme de chemin sur sa pente apparemment bien savonnée, et comme toujours sur ces planches là, il est plus facile de descendre que de remonter.

Puisque nos gouvernant ont l’air occupés par tout autre chose, et même si on peut commencer à se méfier un peu des experts, il y a des documents qui peuvent valoir le coup d’être consultés, et celui vers lequel je vous envoie là se présente comme une sorte de programme des choses à venir, une bande annonce des prochaines « réjouissances ».

Ma source ? Ce lieu parfois pénible, parfois enthousiasmant, souvent à l’origine de quelques connaissances : la salle des profs. Ca vaut toujours le coup d’avoir les oreilles qui trainent du côté des discussions qu’ont les profs de sciences éco. Aujourd’hui, mes trainantes oreilles m’ont mené là :

http://www.leap2020.eu/GEAB-N-28-est-disponible!-Alerte-Crise-Systemique-Globale-Ete-2009-Cessation-de-paiement-du-gouvernement-americain_a2240.html

et il est possible que même les plus cyniques d’entre nous se disent que ça commence à ne plus être drôle.

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Entendez vous, dans nos campagnes, siffler ces féroces soldats ?

Par Youri Kane Catégorie : "CE QUI SE PASSE", CHOSES VUES, MIND STORM 1 commentaire »15 octobre 2008

On ne saura trop remercier les siffleurs pro-tunisiens d’avoir eu l’idée de manifester leur pensée sans doute assez limitée hier soir au stade de France : aujourd’hui, avalanche de réactions politiques. Ca tombe plutôt bien, au moment où les milieux financiers jugent que tout le fric mis sur la table par les états pour les servir, c’est pas tout à fait suffisant, et que les bourses, après un jour de bienveillance à notre égard, se vautrent de nouveau, mieux vaut avoir une story alternative à proposer au quidam.

Quelques milliers de crétins qui sifflent la marseillaise, ça tombe plutôt bien, le jour où Christine Lagarde doit se demander comment elle va bien pouvoir expliquer à ses serfs électeurs concitoyens qu’elle continue à employer le concept de « croissance négative » quand les USA parlent, eux, désormais, de récession. Merci donc aux supporters de l’équipe de Tunisie de fournir aux porte flingue parole du gouvernement les avirons nécessaires pour faire mine d’avancer dans une mer houleuse.

En plus, ils nous permettent un de ces épisodes de pseudo politique dont on commence à être friands (mieux vaut y prendre goût, sinon il faudra se faire au goût de la bile, à force d’avoir la nausée) : aujourd’hui, plein d’idées fusent pour endiguer les sifflets. Annuler le match dès que ça siffle (mouiiiii) pour nos mininstres de la jeunesse et des sports, interdire les siffleurs de stade (hmmm hmmmmmm…) pour Copé (ce qui serait plutôt drôle, puisqu’il faudrait identifier plusieurs dizaines de milliers de personnes), ne plus organiser de matchs entre France et pays du maghreb (oserais je proposer qu’on n’organise plus de matchs de foot du tout ?) pour Laporte. Lâchons nous, aujourd’hui on peut tout inventer : ce qui est important, c’est de focaliser l’attention sur ce drame national en espérant que le spectateur ne verra pas que derrière les courbes dont tout le monde se félicitait hier ont repris une pente du genre inquiétante.

On ne s’inquiétera donc SURTOUT PAS de voir que des français (oui, Bernard Laporte, ils sont français ceux qui sifflent, et la province étant française aussi, ça n’a a priori pas grand intérêt de délocaliser les matchs en province, si ce n’est d’admettre qu’il y a peut être un léger problème politique posé en région parisienne, peut être même aux abords proches de ce stade si bien nommé « stade de France ». A la limite, les choses étant ce qu’elles sont, et le nom de ce stade étant finalement plus une provocation qu’autre chose dans ce tissu urbain pour le moins délaissé, on peut s’estimer heureux que les siffleurs daignent encore y aller avec en tête d’autres projets que d’y foutre le feu.

Il serait peut être bon de se souvenir que les stades existent exactement pour ça : défouler une population qui n’a que peu d’autres motifs de satisfaction en dehors de ce sport qui porte en lui exactement l’attitude d’un nombre non négligeable de concitoyens : l’attente d’un évènement qui est de l’ordre de l’inespéré. Les sifflets témoignent d’une tension que le stade est là, précisément là où il est, et pas ailleurs, pour permettre à cette tension de s’exprimer là, sur le lieu même du problème, et pas ailleurs. Si les politiques ne veulent plus entendre l’hymne national sifflé, il faudra donc qu’ils désertent eux même la place (il y aura d’ailleurs peut être moins de sifflets, parce que tant que Bachelot et Laporte seront dans les gradins, on peut comprendre l’envie de huer tous en choeur). Et si les français qui sont attachés à leur hymne et à leur nation ne veulent plus les entendre sifflés, il faudra qu’ils pensent à proposer aux populations qui entourent ce stade autre chose que ce lieu de défoulement. On a voulu parquer les énergies ici. Elles y sont. Et on se plaint.

Bien sûr, on aurait bien aimé leur trouver un autre ennemi commun que nous mêmes. Mais d’un autre côté, puisqu’ils ne sont pas complètement crétins, ils ont peut être pigé que finalement, notre manière de gérer ces territoires nous désignait de fait comme leurs pires ennemis. On l’a d’une certaine manière bien cherché.

Et encore, on peut se satisfaire d’une chose : ces populations n’ont pour le moment qu’à choisir entre deux équipes de foot. On peut vraiment croiser les doigts pour qu’un jour elles n’aient pas à choisir entre deux armées, parce que rien ne dit qu’on aura finalement fait le nécessaire pour rendre ce choix évident.

Je vois déjà plein d’objections fuser. Moi même en écrivant cela, je ne peux pas m’empêcher de penser que, tout de même, si vraiment la Tunisie était un endroit où il fait si bon vivre, alors tout ce ptit monde y retournerait, et y serait heureux, ce qui n’est pas le cas. Mais de toute évidence, la vie par chez nous n’est pas, de manière décisive, aussi plaisante qu’on aimerait le croire. Bien sûr, on peut trouver que ces gens là font un peu la fine bouche. Après tout, ils bénéficient de tout ce paysage économiquement favorable qui est le nôtre. Voila.

Si on peut se permettre, ça pourrait quand même montrer une chose : le fric ne suffit pas à créer un attachement. C’est plutôt rassurant. Mais ça montre aussi que finalement, en dehors de cette configuration économique qui est la nôtre, nous n’avons plus grand chose à proposer, et le peu de choses qui valent le coup, une population globalement plutôt restreinte se les garde jalousement (je vous renvoie vers la manière dont les beaux quartiers parisiens font systématiquement planter toutes les tentatives d’implantation à leur proximité de logements apportant un peu de mixité sociale dans leurs environs, sur le thème « les immeubles d’appartements, c’est bien pour la banlieue, mais ici ça n’est pas conforme à nos critères esthétiques ») ou bien les détruit méthodiquement, parce que ces choses là font concurrence au secteur privé, qui en fait des produits. On le verra bientôt quand le bac se passera sur le principe des modules et que les lycées de banlieue n’auront à proposer que des modules professionnalisant autour de ce que nos ancêtres romains appelaient le négoce, c’est à dire, pour eux, les tâches qu’on confiait aux esclaves. Alors, le tunisien, on l’aime bien quand il est ouvert tard et qu’il a le bon goût d’avoir encore en stock une ou deux baguettes (hein ? Il vous reste plus que des galettes à 23 heures ?) au beau milieu de la nuit. Mais si l’épicier du coin peut trouver son compte dans cet arrangement un peu condescendant, il est possible que son fils, qui se voit mal reprendre l’affaire (il voit mal pourquoi il devrait se tuer au boulot comme son père quand ses copains de classe visent, eux, un de ces emplois où on est suffisamment libre le soir pour pouvoir, au pire, aller faire un tour chez l’arabe du coin pour se dépanner. Mais comme il n’aura pas cet emploi là, et qu’il le sait, il est possible qu’il considère la France comme une mauvaise blague du destin, et qu’il fantasme la Tunisie de ses ancêtres comme une terre promise dont sa méconnaissance politique cache les aspects les plus sombres et dont il oublie qu’elle ne l’attend pas, elle non plus.

Bref, surtout faisons comme si le problème était le comportement des spectateurs des matchs de foot, et que cela ne témoignait de rien de hautement plus problématique dans ce pays. Et sans doute, si on laisse les choses aller, il est probable que dans peu de temps, on se réunira de nouveau pour se demander ce qu’on peut bien proposer à ces jeunes à qui, on le sait, peu d’emploi sera accessible et sans doute, rapidement, un élu dans une réunion proposera « et si on construisait un stade ? »

Il faut se faire à cette idée : un stade est avant tout un dispositif politique, et le simple fait qu’on doive préciser que certains matchs sont amicaux indique que les autres ne le sont pas. On le sait aussi : quelle que soit la manière dont on définit le match qui sera joué, si on entasse tout ce p’tit monde dans des stades, c’est avant tout parce que, avant tout, on n’est pas amis.

Et comme la musique adoucit, elle, les moeurs :

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Odeur de sainteté

Par Youri Kane Catégorie : "CE QUI SE PASSE", MIND STORM 2 commentaires »14 octobre 2008

Nous voila donc sauvés

Nous avons de nouveau confiance en nos banques, nos banques ont de nouveau confiance en nous, l’Europe existe (comme ça, il sera bien entendu, une fois pour toutes que ce qui n’existe pas économiquement n’existe pas du tout), les Etats Unis n’attendent plus qu’une chose, c’est que notr’omniprésident les invite à rejoindre notre communauté chaleureuse dans laquelle on n’hésite plus à se prêter de l’argent entre banques (oui, on se prête de l’argent entre banques (OUI !! On se prête de l’argent entre banques !!!)), tous les gens qui travaillent dans les banques auront peut être même la chance d’être pendant quelques mois sous la gouvernance de l’Etat (qu’on se surprend à vénérer de nouveau, comme on bon vieux temps du euh… du… (mon dieu, nous ne souvenons même plus que l’Etat fut un jour vénéré !!))) sans pour autant faire partie de ce groupe sur lequel ils auront jusque là tant bavé : les fonctionnaires.

Pourtant, ça aurait été une belle leçon à donner à tout ce ptit monde qui vivait jusque là dans l’autopersuasion de ceux qui ont leur conscience de « travailleurs » pour eux. Tout occupés par leur appât du gain, on avait voulu faire croire aux autres que si le pays tournait, c’était grâce à ces golden boys qu’on présentait comme des soldats combattant pour la nation toute entière, et eux mêmes s’étaient mis à y croire, donnant des leçons de civisme économique à tout le monde, et en priorité aux fonctionnaires, improductifs parmi les improductifs, coûteux parmi les coûteux. Maintenant que tout ce ptit monde va vivre aux crochets de l’Etat, comme les fonctionnaires mais en plus onéreux, comme des fonctionnaires de luxe en somme, on peut voir la relation que nous entretenons avec eux sous une lumière plus crue. Il est probable qu’il y ait, dans ces open spaces, pas mal de frais de lunettes de soleil dans les temps qui viennent, histoire de ne pas trop bien y voir, dans cette nouvelle donne.

Nouvelle donne géniale, d’ailleurs : les joueurs n’ayant plus de cartes et chacun soupçonnant chacun de bluffer, on ressort de dessous la table des cartes neuves, qu’on redonne à ceux ci précisément à qui on avait confié celles qui ont mystérieusement disparu. Nous avons donc tous choisi de confier tout d’abord nos économies à des prestidigitateurs talentueux qui les ont faites disparaître, et maintenant, en gros, c’est nous qui leur faisons crédit sans intérêts, juste pour les sauver. Quelle bonne idée ! Naomie Klein l’a montré (hein ? Quoi ? je ne vous ai pas encore parlé de Naomie Klein ? Il semble qu’il soit bientôt temps de combler cette lacune…) : les crises, les chocs, les catastrophes permettent de faire passer bien des choses…

On pourrait juste espérer que ce sauvetage généralisé de ceux qui auront tant voulu détruire ce qui les aura finalement sauvé s’assortisse de quelques mesures visant à éviter qu’ils oublient quelle main les nourrit, pour qu’on ne soit pas mordus une seconde fois (mais peut on vraiment avoir espoir que ça n’arrive pas de nouveau, et est on bien sûr qu’une grosse mâchoire n’est pas solidement verrouillée autour de notre jugulaire, là, maintenant, oui oui, maintenant ?). En vrac, je propose tout d’abord que chaque 13 Octobre, on réunisse les élèves de tous les établissements scolaires, et particulièrement ceux des prépas HEC, des grandes écoles de commerce, les filières qui pondent des financiers en veux tu en voilà, qu’on prenne tous ces élèves à têtes de premiers de la classe (mais comment font ils pour être tous, simultanément, aussi premiers de la classe les uns que les autres, seraient ils en compétition ?), et qu’on leur lise la première page du manifeste du parti communiste, histoire de leur rappeler à qui ils doivent de l’avoir finalement conservée, leur Audi A6 dans sa belle finition S-line, qui ils doivent remercier pour être demeurés dans leur quartier protégé, qu’ils ne quitteront que le jour où se formeront sur notre territoire comme ailleurs, de véritables gated communities qui les protègeront mieux de ces pauvres qui leur ont pourtant sauvé la mise, à qui ils sont redevables de pouvoir continuer à regarder de haut les automobilistes fauchés du haut de leur Range Rover Sport, dans leur Armani juste brillant comme il faut. On en rajoutera une couche lors du Guy Môquet’s Day, en rappelant à toutes ces têtes trop blondes pour être honnêtes que si ce type transformé en Sarkoboy de base est mort, c’est pour soutenir les idées qu’eux mêmes combattaient il y a encore quelques semaines, et auxquelles ils doivent néanmoins la peau de leurs fesses. Si ça intéresse quelqu’un à droite, j’ai ramené des USA une excellente sauce qui permet de mieux faire passer les chapeaux quand il s’agit de les manger…

On pourrait aussi ajouter quelques lignes en préambule des contrats de travail de tous ces sauvés de l’humanité : » je soussigné Monsieur Propsurlui reconnaît que s’il peut continuer à gagner autant de fric, c’est grâce à l’aide de ses concitoyens qui se sont côtisés pour tirer de la faillite l’entreprise qui l’embauche, et qu’il avait contribué, parce qu’il avait pensé que l’intérêt était tellement particulier qu’il en était venu à travailler contre son entreprise même, à mettre en péril. » On se demandera d’ailleurs avec une certaine circonspection pourquoi on devrait attendre de ces gens là un quelconque civisme vis à vis de l’Etat (en somme, vis à vis de tous leurs autres concitoyens) quand ils n’auront même pas su faire preuve de solidarité avec leurs collègue de boulot… S’agit il vraiment d’être humains aptes à s’autoréguler comme ils semblent nous le promettre la main sur le coeur, ou d’enfants lâchés sans surveillance dans la cour de récré au milieu de laquelle on aura au préalable posé quelques tablettes de chocolat, en quantité suffisamment insuffisante pour générer en eux des doses belliqueuses d’envie réciproque ?

On pourra, enfin, mettre un terme aux tentatives menées jusqu’à il y a peu pour réorienter les cours de sciences économiques prodigués aux élèves des collèges et lycées, en renonçant à y introduire une dose prosélyte de libéralisme économique. Cela permettra de tordre le cou à une légende récente mais désormais bien enracinée dans les cerveaux : non, non , ce ne sont pas les ouvriers qui dans ce pays cherchent à gagner plus d’argent sans fournir aucun travail. Ca, ce n’est pas la définition de l’ouvrier, mais celle de l’actionnaire. On doit pouvoir apprendre ça aux élèves, non ?

Voici donc venu le temps des réjouissances; et voila donc à quoi ressemble finalement le grand soir que certains espéraient plus ou moins secrètement. Décevant, hein ? Non seulement le capitalisme nous aura essorés de milliers de milliards d’euros, sans qu’il nous vienne une seconde à l’esprit de simplement dire « non », tout ça parce qu’on est tous plus ou moins employés et bénéficiaires de ce système dont on aimerait bien qu’il se vautre tout seul, sans qu’on soit impliqués. En fait, on aimerait bien partir au boulot le matin, et ne s’apprendre qu’une fois devant le JT du soir que le capitalisme est mort, mais que c’est pas grave, on continuera à toucher notre paie, et samedi on pourra aller au supermarché faire les courses de la semaine, c’est juste les riches qui ne sont plus riches et c’est bien fait pour eux (« nous voici entrés dans le règne de l’ordre juste » dirait l’autre !). Mais nous sommes tous compromis, aussi éloignés que nous essayions d’être de ces sympathies pour le démon, et nous avons tous quelque chose à perdre; un crédit à rembourser, deux crédits, trois crédits qui pompent mensuellement dans nos caisses tout juste suffisamment alimentées par nos salaires qui témoignent à longueur de carrière du manque de valeur de notre labeur, une maison qui perd de sa valeur, une voiture qu’il faut bien entretenir, une allure physique qu’il faut entretenir, un beau quartier pour lequel on s’est battus pour y être intégré, des regards envieux posés sur nous dès qu’on dit d’où on vient, et où on va en vacances. Tous, nous avons à y perdre.

Et tous, nous gérons cela comme des gérants de petites entreprises qui ne peuvent se permettre d’avouer que finalement elles connaissent bel et bien la crise, et on se protège, vaille que vaille, chacun pour soi, dans une lutte qui est autant celle des classes que celle de chacun contre chacun. Et maintenant que nous allons tous devenir propriétaires de ces machines abstraites, sans en être suffisamment actionnaires pour en tirer les bénéfices, on pourra se sentir un peu capitalistes en passant devant les bureaux de telle ou telle enseigne de banque, dont on saura qu’elle nous appartient un peu. On pourre toujours essayer d’y entrer, d’aller négligemment vers le tiroir caisse pour y prélever quelques biftons, histoire d’aller à Carrouf’ faire les courses après avoir mine de rien mis la main au panier de la nouvelle stagiaire qu’on a collé à ce guichet un peu plus haut que les autres, qui met bien en valeur son fessier, posé sur trop élevé tabouret de bar. Nous serons chez nous, y aura plus qu’à se servir.

A moins (je me répète, mais ce n’est pas parce que je suis paranoïaque que personne ne nous veut de mal…) qu’en fait, nous soyons nous même une guichetière novice, qui a mal compris qui étaient ces gens qui vont et viennent entre le parking sur lequel ils ont garé leurs camions et la salle des coffres qu’ils vident consciencieusement en nous flattant l’arrière train d’une main leste mais virile. Lors de leur dernier aller retour, ils choperont même notre queue de cheval, tireront un coup en arrière pour nous cambrer et nous glisseront juste à l’oreille « Merci, et encore désolé pour le dérangement, on vous laisse ranger ce bordel ».

On ne se sera aperçu de rien.

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Ca sent pas bon tout ça.

Par Youri Kane Catégorie : "CE QUI SE PASSE", MIND STORM, PROPAGANDA 12 commentaires »8 octobre 2008

On va faire court (je fais plein d’heures sup’ pour gagner plus, et je manque de temps pour rédiger, et comme j’ai du mal à faire court, du coup je fais pas du tout ces jours ci) :

Ce soir, Christine Lagarde manipule la métaphore médicale : les circuits financiers sont en thrombose ces jours ci, paraît il (en d’autres termes, pas de panique, il y a toujours du fric, c’est juste qu’il est un peu bloqué par la crispation (hein ? quoi ? il y a du fric finalement ?)). Une thrombose, c’est un peu la constipation des veines finalement. On saisit bien pourquoi elle n’a pas choisi la métaphore intestinale, mais on aurait tous mieux compris.

Ca aurait au moins permis de mieux voir ce que ces gens là considèrent comme la santé économique : ce que veut Christine Lagarde, c’est que l’argent circule de nouveau à flots.

L’idéal économique, c’est une bonne grosse chiasse quoi.

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