Archives pour juin 2009

Monomanie passagère

Par Youri Kane Catégorie : POP MUSIC 15 commentaires »29 juin 2009

Puisque certains ont pris un tout petit peu de retard sur leurs cours d’histoire des musiques populaires (et du coup, sur leur cours d’histoire de la musique tout court), et que les mêmes semblent manquer du plus élémentaire sens du groove.
3409364883_42a8646b98_b22Et puisque j’ai peu de temps pour expliquer en quoi ces musiques là sont un appel à la synthèse généralisée d’une esthétique de la raison ET d’une esthétique physiologique.
Puisqu’en tous cas, la Culture semble avoir oublié le corps en chemin (et on rappellera que c’est fort dommage, dans la mesure où il est tout de même fort probable que nous ne soyons rien d’autre que cela).

Une petite carte pour s’y retrouver, et constater que bien que, comme nous le rappelle utilement Ferry « tout le monde meurt », il est peu fréquent, en revanche, de dépasser sa propre mort. Avoir créé demeure un bon moyen. Permettre aux autres de le faire à leur tour en est un autre. On rappellera que, chez Kant, c’est ce qu’on appelle le génie.

Ethan Hein crée des métacartes, ici axées sur l’utilisation des samples de Michael Jackson. L’objet n’est pas sans intérêt (on cerne mieux ici la fertilité de cette source), la forme l’est aussi : la manière dont les oeuvres réfèrent les unes aux autres réclame sans doute ce type de cartographie pour entamer une exploration.

Ces cartes peuvent être trouvées ici.

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Le mépris

Par Youri Kane Catégorie : MIND STORM 12 commentaires »26 juin 2009

Ca pourrait aussi s’appeler la méprise, mais comme c’est conscient, ou en tous cas pratiqué par des gens qui prétendent l’être, on parlera plutôt de mépris. Je m’en expliquerai demain :

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Snoopy Loops

Par Youri Kane Catégorie : MIND STORM, POP MUSIC Laisser un commentaire »26 juin 2009

On va le voir, Ferry et Julliard trouvent qu’on en fait un peu trop pour ce décès.

Mais on va y revenir, partageons d’abord ceux qui, justement, partagent un peu.

Nouvelle vidéo avec Snoop Dogg, qui, sur sa webtv se fend du seul homage finalement un peu cohérent qu’on puisse rendre, celui qui met tout le monde d’accord (bon, pas Ferry et Julliard, et en même temps, bon, qui cela surprendra t-il vraiment ? Imagine t-on Ferry tapoter du pied sur Wanna Startin’ Somethin’ ? Peut on le penser gigoter du cul sur PYT ? Hmmmm… je ne crois pas… (mais on veut bien voir de quoi nous convaincre du contraire !), c’est à dire celui du son. Parce que, comme le dirait Kant, quand même, à écouter, et quoi qu’on puisse penser, « ça le fait ».

Passons à Snoop.

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mimetismes

Par Youri Kane Catégorie : MIND STORM, POP MUSIC Laisser un commentaire »26 juin 2009

Pour alimenter la petite perspective initiée dans le post précédent, un autre petit montage, qui installera le point de fuite de cet art mineur (on va reparler d’arts mineurs dans le prochain article, vous allez voir pourquoi) un peu au delà du strict évènement du jour. Dans les arts populaires comme dans les autres, les hommes passent, mais les formes demeurent, et en voici une double illustration. Tout d’abord à travers un mix effectué entre des extraits de « Tous en scène », de Minelli (Vincente, pas Liza !) et Smooth Criminal. Bien entendu, l’exercice n’est intéressant que si on connait le clip de Jackson, qui constitue un hommage permanent aux détails des chorégraphies réunissant Astaire et Cyd Charisse. Le second extrait met en scène Michael Jackson lui même, en compagnie des Nicholas Brothers, qui figurent parmi les meilleurs danseurs de claquettes de l’histoire. Il n’est pas complètement inutile, il me semble de ramener le « phénomène » à ses sources, et à ce qu’il en a fait, parce que c’est là que se situe l’essentiel. Et cette essence, on y reviendra dans l’article suivant (oui, je fais du teasing là !).

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Slides-show

Par Youri Kane Catégorie : MIND STORM, POP MUSIC Laisser un commentaire »26 juin 2009

Puisque c’est le jour, et pour ne pas tomber dans l’idolâtrie ambiante (on remarquera, une fois de plus, ce phénomène étrange selon lequel hier, on était considéré comme légèrement dépassé par les évènements si on écoutait Billie Jean, et aujourd’hui c’est une évidence), parlons plutôt des formes, et de la manière dont celles ci se transmettent, d’artiste en artiste. Et bien sûr, ça marche tout autant dans le cas des arts majeurs que dans les arts populaires. Sans doute, même, cela a t-il un intérêt tout particulier dans ces derniers, parce que la transmission se fait gratuitement, spontanément.

Et pendant que je vois Fillon être ému par la disparition d’un grand commercial, juste une petite compilation de ce qui inspira et inspire manifestement encore et on remarquera que, désolé, cher premier ministre, ceci a l’avantage que, comme le dit IAM « ça vient de la rue », et du coup, ça ne se vend pas. Heureusement, pour relever le niveau, Olivier Cachin parle du moonwalk, alors : petite histoire des quelques humains qui ont vaincu la gravité et ont fait de leurs pieds autre chose que de simples moyens de se déplacer.

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Alors regarde, regarde un peu (oh mon dieu, le sale titre ! Mais bon, si ça peut convertir, au hasard des recherches Gogoles, un fan de Bruel, tout ceci ne sera pas vain !)

Par Youri Kane Catégorie : "CE QUI SE PASSE", 25 FPS, MIND STORM, PROPAGANDA, SCREENS Laisser un commentaire »26 juin 2009

L’avantage avec Internet dans sa définition actuelle (qui n’est pas, rappelons le avant de s’en apercevoir un peu trop tard, une définition nécessairement éternelle, loin de là), c’est que c’est sans frontière. Et dépasser les frontières géographiques, c’est aussi dépasser certaines frontières de pensée. Démonstration avec ce documentaire, tourné par une chaine suisse, hébergé en Russie, à propos de notre vénéré président. Et à voir les videos postées par le russes au sujet de notre souverain, ils l’aiment pas, les russes, Sarkozy.

Les suisses sont plus intéressants, cependant, parce que plus proches, ils s’intéressent, et s’interrogent moins que le personnage que nous connaissons tous que sur le regard particulier que nous lui accordons. (et oui, vous l’aurez deviné, je suis un peu dans les copies du bac, et j’ai un léger manque de temps pour faire de longs articles. Mais il y aura un nouveau sujet du bac en ligne aujourd’hui, promis !)

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Sujets de crise. Le bac vu d’ici. 1 – Que gagne t-on à échanger ?

Par Youri Kane Catégorie : "CE QUI SE PASSE", "J'avance masqué", Devoirs machinés, MIND STORM, PAGES 8 commentaires »20 juin 2009

dscn5398_-compry-half1Puisque je vais devoir vivre pendant deux semaines avec les sujets du bac, autant jouer un peu avec eux, ce qui conduit parfois à les prendre finalement au sérieux.

Tout en surveillant les épreuves, j’achevais la lecture de Cosmopolis de Don Delillo. Autant dire que je ne surveillais plus grand chose, tant la lecture était prenante. Cependant, m’étant renseigné sur les sujets tombés dans les différentes sections, le roman de Delillo devenait soudainement comme une résonnance d’un des sujets donné en série économique et sociale : « Que gagne t-on à échanger ? » On sait bien que la question des échanges, en philosophie, recouvre des domaines variés, qui vont du commerce au langage en passant par le simple partage de ce qui est nécessairement commun entre les hommes, et forme ce tissu qu’on peut, si on veut, appeler « humanité ». Souvent, chez les candidats comme ches les auteurs, on focalise le traitement de la question des échanges sur un des domaines en délaissant les autres, et rares sont les textes qui mettent en tissent un échange entre les différentes formes d’échanges.

Delillo y parvient, pourtant. Son personnage, Eric packer, trader pris au piège de sa limousine dans les rues noires de monde d’un New-York particulièrement désordonné ce jour d’Avril 2000, se voit peu à peu déshabillé par des évènements qu’il ne maîtrise plus. Roi des échanges non symétriques, il se retrouve soudainement dans la posture de celui qui y perd, et pour lui, c’est un peu comme mourir. Sur la fin de son parcours, avant de rencontrer celui qui sera son Patrick Bateman inversé, il se rend, au hasard sur un lieu où un alter ego de Spencer Tunick met en scène une foule d’anonymes nus. Juste après la prise de vue, alors que les figurants se rhabillent, il croise une femme, avec laquelle il a une bref « échange » :

« Il fit un pas et tendit un bras derrière lui. Il sentit sa main dans la sienne. Elle le suivit derrière la palissade qui barricadait une partie du trottoir, et il se retourna dans l’obscurité et l’embrassa, en prononçant son nom. Elle escalada son corps et l’enveloppa de ses jambes et ils firent l’amour là, lui debout, elle à califourchon, dans l’odeur de gravats et de démolition.
« J’ai perdu tout ton argent », lui dit-il.
Il l’entendit rire. Il en perçut l’élan spontané, la bouffée d’air humide sur son visage. Il avait oublié le plaisir de son rire, une demi-toux rauque, un rire de cigarette sorti d’un vieux film en noir et blanc.
« Je perds tout le temps des choses, dit-elle. Ce matin j’ai perdu ma voiture. Est ce qu’on en a parlé ? Je ne m’en souviens pas. »
C’est à ça que ça ressemblait, la scène suivante dans le film en noir et blanc qui passait dans les salles du monde entier, loin du scénario et au-delà du besoin de refinancement. Après la foule nue, les deux amants en isolation, libérés de la mémoire et du temps.
« D’abord j’ai volé l’argent, et puis je l’ai perdu. »
Elle dit en riant : »Où ? »
- Sur le marché
- Mais où ? dit-elle. Où va t-il quand on le perd ?
Elle lui léchait le visage et lui grimpait dessus et il ne pouvait plus se rappeler où allait l’argent. Elle lui passa la langue sur l’oeil et sur le front. Il la soulevait de plus en plus, rhapsodiquement, et il écrasa son visage entre ses seins. Il les sentait vibrer et ronronner.
« Qu’est ce que les poètes connaissent à l’argent ? Aimer le monde et en laisser une trace dans un vers. Rien d’autree, dit-elle. Et ça. »
C’est alors qu’elle lui mit la main sur la tête et le prit, le saisit par les cheveux, une poignée voluptueuse, lui tira la tête en arrière et se pencha pour l’embrasser, un baiser si prolongé et d’un tel abandon, d’une telle fougue, qu’il pensa connaître enfin, son Elise, soupirs, langue, morsures, souffle de mots moites et de murmures mourants, baisers chuchotés, syllabes inarticulées, corps soudé au sien, jambes enveloppantes, fesses brûlantes dans ses mains.
A l’instant où il sut qu’il l’aimait, elle se laissa glisser à bas de son corps et hors de ses bras. Puis elle s’insinua dans l’étroite ouverture de la palissade et il la regarda traverser la rue. Rien ne bougeait là-bas. Elle était le seul mouvement, l’équipe de tournage et les figurants étaient partis, le matériel était parti, et elle était calme et d’une finesse argentine, et elle marchait la tête haute, avec une précision technique, vers la dernière caravane de la station-service, où elle allait retrouver ses vêtements, s’habiller rapidement, et disparaître. » [Don Delillo - Cosmopolis - p. 188 sq]

Echanges à tous les étages des sens que peut avoir ce mot, et avec tout ce que la question comportait au départ : il n’y a pas d’échange sans perte; on ne peut pas échanger sans lâcher prise. En ce sens, ce qu’on appelle « libre échange » est un mensonge, puisqu’on sait bien que ce qui motive les agents, dans ce cadre soi disant libre, c’est l’accaparement. Il s’agit alors de prendre d’une main ce qu’on ne lâche pas de l’autre. Packer le découvre au fur et à mesure de son avancée embouteillée dans son Odyssée d’un jour d’Avril : il entre dans les véritables échanges au moment où il a tout perdu, argent, protection, vêtements, et vie. Ainsi dépouillé, ses vaisseaux brûlés, il peut enfin ouvrir les deux mains et accueillir, y compris ses ennemis. Dans l’échange véritable, il y a donc tout à gagner, mais il faut alors accepter de tout perdre. C’est là la définition de la liberté. C’est aussi ce qui condamne le libre-échange quand il ne vise que le profit.

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Reconnexion

Par Youri Kane Catégorie : MIND STORM Laisser un commentaire »20 juin 2009

Voila, un déménagement plus tard, l’ADSL de nouveau branché, je découvre une montagne de commentaires auxquels aucune réponse ne fut donnée, de mails auxquels aucune suite ne fut offerte. J’avais prévenu que ce serait silence radio, je ne l’imaginais pas forcément si long. Désolé pour ceux qui attendaient des réponses qui ne vinrent point. Néanmoins, cette distance fit du bien aussi. Dans un futur proche, tout va fonctionner de nouveau comme avant, la lecture de la musique sera possible, et surtout, on va pouvoir publier de nouveaux articles.

Ca tombe bien, j’ai deux ou trois idées.

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