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Dialectique du maître et de l’esclave

Le problème, avec les castings ministériels, c’est que quand on est embauché comme personnage, il faut jouer son rôle. Et quand le scénariste n’est pas très habile dans le maniement des nuances, et qu’on a été casté justement parce qu’on incarnait un archétype, les situations concrètes font vite qu’on peut se trouver un peu gêné aux entournures; comme si le costume était un peu étroit pour ce qu’on est censé incarner, à moins que ce soit l’inverse, que les draperies honorifiques fassent disparaître le comédien dans leurs trop lourds plis. A vrai dire, on en est parfois au point où on ne sait même plus si les figurants se noient dans leur costume ou dans le rideau de scène.

Ainsi, parfois (manions l’euphémisme), Fadela Amara semble un peu égarée dans son costume de grande soeur des banlieues : censée s’en être sortie mais n’existant que par le fait qu’elle y est, dans l’esprit de son employeur, et des électeurs de ce dernier, liée, elle est obligée, puisqu’elle ne peut agir, de se contenter de prendre, le plus rarement possible, et dans l’étroite mesure de ce que l’électorat peut supporter (et autant dire que le tank des idées larges a un peu de mal à se faufiler dans ce genre de ruelle, sans doute construite dans des temps reculés, où on ne se déplaçait qu’en rasant les murs) quelques positions bien pensantes qui doivent avoir les objectifs mêlés d’aller dans le sens de la représentation majoritaire de ces périphéries dans les cerveaux des centre-ville qu’il s’agit de séduire, et ce sans perdre la street-credibility, ou ce qu’il en reste, de la ministre en représentation.

C’est sans doute ce genre de principe qui pousse Fadela Amara à craindre que le film de Jacques Audiard, Un Prophète, n’incite les jeunes banlieusards à prendre modèle sur son personnage principal, et à « mal tourner ». Avec le style qui est, euh… le sien, elle s’est dite « scotchée » par le film, mais craignait qu’une « certaine catégorie de jeunes » agissent comme Malik.

Alors, tout d’abord, moi, pour ma part, bien que « scotché » par la qualité de l’action gouvernementale, je ne peux m’empêcher de craindre qu’une certaine catégorie d’élèves soit tentée de prendre notre ministre en modèle au moment de s’exprimer. Mais au delà de l’ironie, ce sketch permet, aussi, de repérer comment la communication gouvernementale fonctionne, et quels objectifs elle poursuit.

unprophete1 – Quand Fadela Amara voit le personnage de Malik, elle y voit avant tout un arabe. Sans doute aveuglée par le scotch que le film lui a mis en travers des yeux, elle ne s’aperçoit pas que, justement, dans ce film, Malik s’arrache à ce qu’il semble être pour devenir autre chose. Il existe, en des termes qui peuvent sans doute échapper à quelqu’un dont on peut se demander si elle n’a pas comme objectif, précisément, de se laisser enfermer dans une définition suffisamment confortable pour s’y complaire (et qu’on ne nous fasse pas le coup du « Ah, mais on aimerait bien vous y voir, hein. C’est très difficile de gérer les banlieues et Mme Amara y consacre toute sa vie : jusqu’à preuve du contraire, elle y consacre sa carrière, et à juger par les résultats (c’est bon, nous aussi, on y passe le plus clair de notre temps, à se confronter sur le terrain aux résultats locaux de la politique globale du gouvernement auquel appartient Mme Amara), ce sont plutôt les banlieues qui sont mises au service de son projet professionnel (on n’osera pas dire « de son salaire et de son CV, mais c’est pourtant bien en ces termes que ça se pose)). A tel point qu’il est perçu comme corse, provoquant l’ironie de celui qui, justement, l’avait réduit au rôle de rebeu manipulable. En somme, Mme Amara porte sur Malik le même regard que le mafieux corse : puisqu’il est bronzé et frisé, il ne peut être envisagé que comme arabe, et il aura beau faire, il ne sortira pas de cette détermination. On voit très bien, dès lors, comment cette ministre envisage les rôles à venir de Tahar Rahim, et on peut supposer qu’en revanche, elle ne trouve rien à redire à la filmographie de Jamel Debbouze. Tu parles…

2 – Un Prophète est un film carcéral. Comme le dit le scénariste, quand il répond à notre ministre, Malik entre en prison au début du film, il en sort quand le film se clôt. On y entre avec lui, on en sort en sa compagnie. Craindre ainsi que la banlieue, spécifiquement, soit tentée de reproduire les actes commis dans ce film, alors qu’il n’a pas lieu en banlieue, c’est identifier les banlieusards, spécifiquement, et les jeunes de ces lieux là, spécifiquement, à des prisonniers (ce qu’ils sont, certes, métaphoriquement, otages de notre politique, par exemple), et donc à des criminels (ce qu’ils ne sont pas, même si le discours ministériel tend, manifestement, à les criminaliser). Le regard de Mme Amara, bien que censé être informé, semble être, dès lors, à perspective réduite (mais on peut lui reconnaître un certain talent pour agiter les images qui marquent l’opinion publique : les voiles intégraux par ci, la prison par là. Nul doute qu’en banlieue, on s’y reconnait tout à fait). De plus, les oeillères ministérielles paraissent gênantes lorsqu’elle oublie que le jeune Malik, quand il traite des affaires hors de sa cellule, le fait aussi bien sur la côte méditerranéenne que sur les autoroutes de France. Entend-on des voix gouvernementales s’inquiéter du devenir-racaille de la population de PACA ? La région est-elle trop touristique pour qu’on se permette ce genre de simplification ? On ajoutera que, dans la France qui est la nôtre, un scénario dans lequel Malik aurait ses potes dans les beaux quartiers de Neuilly ou du XVIè aurait semblé peu crédible : la réinsertion semble aussi peu soucieuse que l’insertion de tisser ce genre de liens. Pour Malik, la banlieue, avant d’être le lieu d’implantation de son trafic (qui est en fait international), est son lieu de refuge, sa planque, où il se protège non seulement des conséquences de ses bidouillages économiques, mais aussi de l’indifférence de l’institution pénitentiaire à son égard. Mais sans doute ce regard était-il trop nuancé pour que notre ministre le porte sur ce film. (et, bien sûr, on répondra ici que, bien entendu, Mme Amara a vu tout ça, et que ce n’est pas ce qu’elle dit : elle craint que les autres, les jeunes, dans les banlieues, ne comprennent pas ce film. Faut dire, ils sont tellement cons, hein ? On peut faire un autre pari : les plus cons, tous milieux confondus, n’iront pas voir ce film. Parce qu’il est exigeant. Et ceux qui iront le voir, ils vont vite être touchés par le fait qu’enfin, dans un film, un jeune comédien, prénommé Tahar, est employé dans un film où on oublie ses origines pour la simple raison que, dès le départ, le film s’en fout, (contrairement aux a priori pénitentiaires, identiques apparemment, aux a priori ministériels, Malik n’a pas de régime alimentaire particulier, Malik ne va pas à la prière, Malik mange du porc, etc, etc. On peut même parier que Malik ne demandera pas à sa femme de porter le voile, qu’il proposera à ses enfants une culture plurielle; bref, on pouvait, aussi, y voir un modèle, dans ce personnage, si on voulait bien trente secondes cesser de le voir comme « le frère rebeu qui donne le mauvais exemple, contrairement à la frangine qui est devenue ministre, officiellement dans une sorte de pureté morale sans ambiguïté), voila ce que des jeunes de banlieue vont voir, et voila ce qui va les frapper d’emblée : mince alors, Malik échappe à sa condition. Mais on imagine bien qu’électoralement, on puisse s’inquiéter du fait que, se libérant, bien que prisonnier, Malik ne constitue plus ni un problème d’identité nationale, ni un électorat captif. Et on comprend bien, dès lors, que si certains jeunes peuvent avoir, comme Malik, le projet d’échapper à leur condition, Mme Amara est tellement obsédée par sa volonté de faire corps avec sa communauté hypothétique, pour se maintenir à sa tête, qu’elle les ramènera vite au bercail, en verrouillant le plus possible les horizons de leur existence niée. Le pire, en somme, c’est qu’Amara a bien compris ce qui se passe dans ce film, et qu’elle veut l’empêcher, parce que selon la logique mise en place dans ce pays, selon ce qui s’y prépare, selon ce que la crise offre comme opportunités, ce film est subversif, et certainement pas parce qu’il montre un jeune « beur » faire du trafic de drogue, mais parce qu’il provoque, chez des spectateurs qu’on espère nombreux, l’oublie des origines de ce personnage).

3 – Comme la plupart des fictions carcérales, Un Prophète permet de reconstruire, dans un milieu clos, les relations humaines telles qu’elles se structurent à l’air libre. Ainsi, Malik n’est rien d’autre, dans cette prison, qu’employé au service de celui qui, contre quelques travaux, lui procure le gîte, le couvert, la protection. Bref, c’est un travailleur. Un ouvrier qui accepte de faire ce qu’on lui dit de faire, parce qu’il en va de sa vie, tout simplement. Comme pas mal de monde, finalement. Et de ce point de vue, on est surpris qu’une ministre d’un tel gouvernement n’ait pas repéré dans l’attitude de Malik un sens de l’entreprise qu’on nous avait, pourtant, vendu comme méritant des revenus en hausse. Le business dirigé par César Luciani n’est rien d’autre que le miroir du monde des « affaires » tel qu’il existe hors de la prison, et auquel on nous presse de nous soumettre. Les affaires peu à peu bâties par Malik ne sont elles aussi que l’image crue du monde de l’entreprise, avec ses nécessités, ses arrangements, sa soif d’engagement humain, et ses bénéfices, aussi. On voit mal comment Fadela Amara peut ainsi condamner l’attitude des personnes alors même qu’elle travaille pour un gouvernement qui fait la promotion du système qui réclame ces attitudes (mais là aussi, quand c’est le bon blanc qui manigance pour son profit, on n’est pas inquiet(pas de message gouvernemental sur l’inquiétude des ministres face à la tentation que le film pourrait créer, dans l’esprit des jeunes corses, de s’adonner à quelques activités ne respectant pas tout à fait la loi (faut dire qu’en l’occurrence, il s’agit d’affaires de main mise sur des casinos, et qu’un tel discours du pouvoir pourrait sans doutes froisser quelques amis proches, et puissants)).

unprophete24 – Si la fiction en dit plus long que ce qu’elle montre, c’est parce que la prison n’est qu’un cadre pour mettre en scène les relations de pouvoir qui vont s’installer, puis se renverser entre Malik et son protecteur. Pour tout lecteur de Hegel, le mouvement général du film fait furieusement penser à celui qui est décrit dans ce passage illustre (bien que peu lu) de Hegel, dans la Phénoménologie de l’Esprit, qu’on appelle « La dialectique du maître et de l’esclave ». Ce passage montre deux choses : tout d’abord que la conscience de soi ne se construit pas au coeur de l’individu, mais à la faveur des relations que celui ci entretient avec autrui, et en l’occurrence, c’est de relations de domination qu’il s’agit. Ensuite, c’est par le travail que mon être se révèle aux autres par son aptitude à laisser une trace de lui même dans le monde transformé, à tel point que l’esclave, travaillant pour son maître, va finir par inverser les rapports de domination, en pervertissant habilement la relation de nécessité qui l’unit à son maître. Alors, soit on interdit à tout comédien un peu typé de jouer un rôle qui relèverait de ce genre de structure de relation, sous prétexte qu’il pourrait inciter sa communauté à développer des comportements de renversement de domination, et on fait du blanc (qu’on ne soupçonne pas, lui, d’être porté par la violence et l’affirmation de soi, bien sûr…), le seul être chez qui la domination ne soit jamais suspecte, soit on interdit tout court le développement de la dialectique de la domination, telle qu’on la lit chez Hegel, et on en interdit la représentation.

5 – Finalement, on comprend le malaise de Fadela Amara face à Un Prophète d’Audiard : si elle possède un tout petit peu de conscience de sa propre situation, elle sait que son patron est son César Luciani à elle : il lui a permis de survivre dans le monde un peu clos des permanents associatifs. Il la nourrit, il la protège, et elle doit, en retour, faire les petites besognes, obéir aux ordres et tenir les discours qu’on lui commande. Le malaise doit apparaître quand elle voit la trajectoire de Malik, la manière dont fonctionne ce couple esclave-maître, et l’élévation de celui qui échappe à ce que les circonstances avaient fait de lui. Mme Amara ne connaîtra pas ce destin là, précisément parce qu’elle n’est que le produit de déterminations dont elle n’est pas l’auteur, à l’opposé de la libération que connait le héros d’Audiard. Et de la part de la ministre des banlieues, souhaiter que les jeunes ne prennent pas modèle le personnage de Malik, c’est en dire long sur la soumission qu’on attend d’eux, et sur le désir qu’on a de leur voir ôtée toute chance de s’autodéterminer, comme on l’a obtenu de la majeure partie de la classe moyenne. Et en ce sens, même si les écrits comme L’insurrection qui vient en font un peu trop dans la description enthousiasmée des casseurs, il est évident qu’on nous entraine un peu trop facilement vers une anesthésie bourgeoise de nos existences, et qu’on souhaite de plus en plus éliminer ou mettre à distance tout ce qui pourrait venir ébranler ce petit agencement confortable de nos vies (et si je lisais moi même ce que j’écris, je le prendrais, aussi, pour moi).

Fadela Amara devrait, au final, lire ceci, et le méditer : « Si la crainte du maître est le commencement de la sagesse, en cela la conscience est bien pour elle-même, mais elle n’est pas encore l’être-pour-soi ; mais c’est par la médiation du travail qu’elle vient à soi-même. » (Phénoménologie de l’Esprit. p. 164 (chez Aubier)). En somme, il serait peut être temps de se mettre au travail, et cesser de servir.

8 Replies to “Dialectique du maître et de l’esclave”

  1. Je n’ai pas encore vu « Un prophète ». Pris par le plaisir des promenades, de la tartiflette et autres divertissements licites et ludiques, nous avons préféré, pour le versant cinématographique de nos sorties avec un récent invité, les charmes autrement plus sulfureux des « Vacances de Monsieur Hulot ».

    Pour autant, je partage l’enthousiasme des commentateurs précédents quant au billet du jkrsb : c’est en effet un exercice de haute volée, même si d’autres comparaisons que celles proposées par l’auteur me sont venues spontanément à l’esprit et que mon point de vue s’exerce selon un angle différent.

    Je pense en effet que le lumpenprolétariat est classiquement instrumentalisé par le pouvoir pour lutter contre la classe. Ainsi, quand la défunte LCR saluait les révoltes des banlieues suite au terrible accident de Clichy, je restais quelque peu perplexe de la voir célébrer des bandes de petits cons parfaitement aculturés, penchant plutôt du côté de l’individualisme, du culte des baskets de marque (fascination au demeurant partagée par des gens très bien, si, si !), de l’argent facile plutôt que de celui de la lutte de classe et des solidarités ouvrières (monde pour lequel ils éprouvent d’ailleurs au demeurant souvent un fort mépris). A ce titre, je ne peux que souscrire aux propos du jkrsb quand il écrit, quelque peu ironiquement, que les voyous ne font finalement que mettre en oeuvre les principes de libéralisme, si chers à Sarkozy, Amara et consorts. Ils participent résolument à cette destruction des solidarités insupportables aux patrons et à leurs valets siégeant aux gouvernements. Les seules solidarités que Sarkozy tolèrent sont celles générées par les curés et les imams dont le caractère progressiste tout au long des siècles n’est plus à prouver.

    Et donc (encore une fois sans avoir vu le film pour l’instant), je me demande si le film d’Audiard ne serait pas tout simplement une version recontextualisée de « L’opéra de quatre sous ». Et bien sûr, on comprend que Madame Amara ne prenne pas trop de plaisir à voir venir un épigone de Brecht sur le devant de la scène !

    Mais peut-être lui fais-je trop d’honneur et il n’est pas impossible qu’elle soit assez conne pour prendre le film au premier degré et ignorer l’existence de Brecht ! Je ne la connais pas personnellement (et je n’en souffre pas particulièrement) mais le peu que j’ai entendu de ses propos me fait plutôt penser à la ménagère de moins de cinquante ans qu’à une thuériféraire de la distanciation !

    Quant aux blaireaux de la mouvance « L’insurrection qui vient » auxquels le jkrsb fait régulièrement allusion dans ses chroniques, je ne les trouve finalement pas tellement éloignés de la même logique de résultat : c’est le même culte de l’individualisme (vu du côté d’une minorité « éclairée ») et à travers la stérilité de leur réflexion et de leur action, ne sont-ce pas finalement les meilleurs alliés d’un pouvoir fort qu’ils ne pourront jamais remettre en cause et à qui ils fourniront des justificatifs de première qualité dans la mise en place d’une politique musclée. Et pour en revenir à ce par quoi nous avons (presque commencé), n’est-il pas pitoyable de voir le bientôt défunt NPA, successeur de la défunte LCR, s’émerveiller d’avoir été suffisamment attractif pour susciter l’adhésion de Jean-Marc Rouillan qui aura une fois de plus fait la preuve que la prison n’est pas un monde d’éducation et qu’on n’y acquiert guère d’intelligence !?

    Rejoignez la Gauche unitaire : ouaouaoua.gauche-unitaire.fr : bon, je sais, c’est franchement capillotracté au point de venir comme un cheveu sur la soupe, mais puisque nous parlions de LCR et de NPA, il aurait été absurde de ne pas faire un brin de pub’ à celles et ceux qui ont eu l’intelligence de quitter le parti de Monsieur Besancenot, l’ami des stars lourdingues.

  2. Héhé

    Il faudrait que je puisse mettre le commentaire de Michel comme article, et mettre mon article comme simple commentaire. J’adore quand ça fait ça, et quand le commentaire me propulse plus loin. 1 – Ca m’évite de prendre racine 2 – Ca confirme quelques intuitions que j’avais du mal à formaliser sur ce qui se passe (ou, plutôt sur ce qui ne se passe pas) là où est censée se trouver la vraie gauche. Et là, pour le coup, comme tout le monde, j’ai besoin d’éclairage, parce qu’à force, on se méfie de tout. Et on craint, aussi, qu’à force de faire, autour de cette question, des bons mots (et c’est ce que fait l’éditeur du comité invisible), on use en même temps les bonnes idées. Je bosse (un peu lentement) sur quelque chose autour de ça, parce qu’il y a là un immense gachis, et une attitude qui me semble jouer un rôle profondément contre productif. Mais bon, on peut avouer, tout de même, que bien que faisant le malin là, à attraper Mme Amara sur un mot qui en dit un peu trop long, on n’en est pas moins, soi-même en plein milieu d’un désarroi grandissant.

  3. Une seule solution : ouaouaoua.gauche-unitaire.fr

    Engagez vous, rengagez vous qu’ils disaient ! Alors, demain, tu la prends ta carte au SNES pour la rentrée, gros malin ? Tendance EE, bien sûr !

  4. C’est pas tres chic de taper sur les points faibles. D’autant plus faibles que, voila, la rentrée, c’était aujourd’hui, et que mes collègues syndiqués, agrégés, n’avaient en tête, tous, que la condamnation plutôt véhémente des heures sup’ qu’on est quelques uns, généralement certifiés, à effectuer. Bon, j’entends bien le problème des postes, du statut, etc. Mais disons que, dans la mesure où ce petit peuple de bien penseurs se fait plus de fric que moi en bossant nettement moins, j’ai du mal à partager leur lutte contre ce qu’ils considèrent comme, de ma part, une trahison. Maintenant, généralement, dans les manifs, je trouve le secteur CGT plus sympa, coté ambiance, que les autres. Et un jour, je m’engagerai. Mais je me méfie un peu de moi même, j’ai du mal à rester adhérent de base, et je crois que je me suis pas encore remis de l’énergie dépensée aux éclais 🙂 Mais je suis conscient d’être un peu trop en retrait, là. C’est une totale phase d’embourgeoisement !

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