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Sorry, Henry

henry_miller2Désolé Henry, je vous ai annoncé, puis un peu délaissé.

Ma tentative de surrection ayant permis à Lulu de nous faire rebondir sur Musil (chez qui il va falloir, tout de même, que je plonge un jour), et à la suite de ce rebond j’avais moi-même un peu atterri, à la faveur des vents de neurones (qui soufflent un peu comme ils veulent, on ne fait qu’entendre leur voix), chez Miller. Puis j’ai pensé à autre chose, jusqu’à ce que Christiane Rochefort m’attire, à son tour, vers lui, mais je ne retrouvais pas le passage auquel je songeais.

Bref, entre temps, en cherchant autre chose, j’ai retrouvé l’ouvrage, puis le passage.

Ca s’intitule Une humanité consciente ! et c’est extrait de cet ouvrage dont le titre lui même pourrait faire l’objet d’une longue méditation développant le programme entier de philosophie, sans s’y épuiser : Le Cauchemar climatisé.

« UNE HUMANITE CONSCIENTE ! »

Avez-vous jamais essayé d’imaginer ce que cela représenterait ? Allons, un peu de franchise. Avez-vous jamais pris le temps de réfléchir à ce que cela serait pour l’humanité que de devenir pleinement consciente, que de ne plus être exploité ni prise en pitié ? Rien ne pourrait entraver la marche d’une humanité consciente. Rien ne l’entravera.
Comment devenir conscient ? C’est très dangereux, vous savez. Cela ne veut pas forcément dire que vous aurez deux automobiles et une maison à vous avec grandes orgues dans le salon. Cela veut dire que vous souffrirez davantage encore : c’est la première chose à comprendre. Mais vous ne serez plus mort, vous ne serez plus indifférent, ni insensible, vous ne serez pas sans cesse affolé, ni nerveux, vous ne jetterez pas le manche après la cognée parce que vous ne comprenez pas. Vous aurez envie de tout comprendre, même les choses désagréables. Vous aurez envie d’accepter de plus en plus de choses, même si elles vous semblent hostiles, ou mauvaises, menaçantes. Oui, vous deviendrez de plus en plus semblable à Dieu. Vous n’aurez pas besoin de répondre à une annonce parue dans le journal pour savoir comment parler à Dieu. Dieu sera sans cesse à vos côtés. Et, je ne me trompe, vous éccouterez plus souvent et vous parlerez moins. »
Henry Miller – Le Cauchemar climatisé; p.193 dans l’édition Folio.

Ensuite, lire Spinoza.

Et dans le prochain post, on parlera de Varèse, parce que cet extrait du Cauchemar climatisé est en fait la reprise d’un autre passage, situé auparavant, dans lequel les mêmes premiers mots accompagnaient une description d’une oeuvre musicale. Ce sera donc la suite.

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