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Sarkface

Avant hier, c’était Villepin qui lançait dans la sphère médiatique (sphère qui semble avoir en gros les qualités mécaniques des bulles de savon que font les enfants : minuscules, elles croient refléter le monde entier sur leur surface lisse et brillante; en mouvement permanent, elles ne savent pas où elles vont et parce qu’elles sont soumises aux lois de la physique, le liquide qui les compose coule inexorablement vers le bas, dégouline littéralement pour les amener progressivement à s’effondrer sur elles mêmes; médiatiques, les bulles explosent comme les autres, financières, informatiques ou un jour, souhaitons le (oui, c’est fini, on ne souhaite plus le bien des gens, du moins pas de ceux là), immobilière) sa petite salve qui allait faire grand bruit le lendemain tout en lui permettant de compter ses troupes : Sarkozy serait pour la France un problème qu’il faudrait régler en fermant cette parenthèse politique à ses yeux trop sombre pour pouvoir durer (c’est que Villepin préfère le capitalisme quand il se drape dans l’orgueil et les éblouissements lyriques, et sur ce point il a raison : pour un peuple lettré, cette version là du capitalisme passe mieux. Mais on sait où on en est, côté culture par chez nous…

Mais si Villepin se lançait dans une telle attaque, de manière aussi frontale, c’est parce qu’il avait constaté que les paysans avaient devant ses augustes pas déjà foulé le terrain de leurs lourds sabots : Mélenchon (décidément de tous les bons coups ces temps ci), racontait déjà chez Drucker (pinçons nous) comment il avait conçu des autocollants « Casse toi pauv’con » qui ont grand succès tout en respectant la loi (une mention « C’est lui qui le dit » a été rajoutée histoire de se prémunir contre toute attaque pénale). Les manifestations qui ont parcouru la France depuis plus d’un mois ont été une sorte de concours à ceux qui avaient le plus d’imagination sur le terrain de l’impertinence envers ce président qui n’en est plus un aux yeux de la rue (une invention parmi mille autres, vue sur l’arrêt de bus devant Paris 1, une inscription qui disait cela : Sarkozy veut renvoyer les voleurs de poule « chez eux », lui qui a volé la poule de Jacques Martin » (au passage, à la lecture d’une telle littérature de rue, on se dit que finalement, l’identité française n’a pas besoin d’être cherchée bien loin, et que son encéphalogramme n’est peut être pas encore tout à fait plat). Dans le même temps, en gros depuis Septembre, ce sont les hebdomadaires qui rivalisent de dramaturgie pour nous présenter Sarkozy comme un motif d’inquiétude à part entière, allant jusqu’à soupçonner qu’il soit fou, dangereux, ou voyou, montrant d’ailleurs par là même que les journaux ne sont pas inféodés au pouvoir mais au marché, ce qui pendant un temps constituait une seule et même chose, et ce qui n’est finalement pas mieux.

Bien entendu, les voix s’élèvent à droite pour ramener tout le monde à la raison : porter de telles accusations serait irrespectueux, mensonger, et créerait le véritable risque politique de brosser le poil du peuple dans un sens qui lui sied même quand il n’y a objectivement pas de danger. Ainsi, Sarkozy serait, quand on le présente comme névropathe ou malfaisant, victime d’une manipulation médiatique visant sa politique à travers sa personne.

Mais les défenseurs oublient, intentionnellement, quelques détails.

D’abord, s’attaquer à la personne du président ou à sa politique, c’est une seule et même chose, et ce pour deux raisons. La première, c’est qu’il a toujours mis en avant que ce qui importait en politique, c’était l’action menée de manière personnelle, ce qu’il nommait « volonté »; à tel point que peu à peu sa politique est devenue purement performative, n’ayant comme force que celle de sa propre voix et des mises en scènes au milieu desquelles celle ci s’exprimait (roulements d’épaules, démarche chaloupée, t-shirt « NY police dpt », Ray Ban pilot, femme trophée, etc.). La seconde, c’est que tout compte fait, il n’a pas de programme politique (ce qui n’est pas une surprise : l’ultra libéralisme n’est pas un programme, mais une mécanique, ce qui est un poil différent), et dès lors il peut faire à peu près tout et n’importe quoi, comme toucher à des retraites auxquelles il avait promis de ne pas toucher. Dès lors, on ne peut plus s’attaquer à sa politique, puisque de politique il n’y a pas; reste l’homme, omniprésent tant que le vent de la renommée souffle dans le bon sens, toujours présent même si c’est sous forme ultra protégée quand les temps sont plus durs, envahissant même, quand on constate à quel point il occupe son monde et lui fait perdre son temps en le dépensant en pure perte et en accaparant l’attention, jour après jour, de « journalistes » et « commentateurs » qui sont trop contents d’avoir une marionnette des Guignols en chair et en os qui leur mâche le travail en leur refilant presque quotidiennement les reportages et analyses tout ficelés qu’ils n’auront plus ensuite qu’à diffuser tels quels en prenant des mines « lucides » pour mieux faire semblant d’éclairer le bon peuple.

Ensuite, l’image de voyou, elle ne vient pas de nulle part. A vrai dire, même si les députés de droite, tels qu’Alain Gest par exemple, trouvent que le mot est injurieux pour ce président, on doit convenir qu’il est au contraire plutôt gentillet. Le voyou n’est pas nécessairement dans l’illégalité. Le terme désigne quelqu’un de mal élevé (Sarkozy a fait la preuve d’un certain manque de retenue et de contrôle de soi), qui traine dans les rues (les images fondatrices du personnage sarkozyen sont issues de la rue : Sarko sortant de l’école où il a « négocié » la libération d’un enfant lors d’une prise d’otages à Neuilly, Sarko affirmant en pleine rue vouloir karcheriser les banlieues, Sarko insultant un visiteur du salon de l’agriculture, ou provoquant physiquement un docker, bien au chaud derrière ses gardes du corps, voila ce qui fonde le personnage médiatique), et dont les moyens d’existence sont peu recommandables (en somme, pour tous ceux qui pensent que la répartition des richesses proposée par le capitalisme est inégalitaire, le capitalisme est un système prôné et maintenu par des voyous, fussent ils dans la légalité, puisque ce sont eux qui font les lois).

Mieux, l’image du voyou, elle est non seulement justifiée, mais on peut même prétendre qu’elle est tout à fait maîtrisée. D’abord parce qu’elle permet de s’attirer la sympathie d’une frange non négligeable de la population, celle auprès de qui on peut pousser le curseur du populisme le plus loin, puisqu’elle aime qu’on la domine, et elle prend plaisir à voir la France menée par une espèce de petite frappe qui roule des mécaniques sans avoir les moyens physiques de ses prétentions. Il y a une part de la population, la plus faible, à tous points de vue, qui jouit des gesticulations et pantomimes présidentielles. Ceux qui sont eux mêmes frustrés de tout pouvoir, mais qui aiment bien afficher les signes extérieurs de puissance aiment voir au sommet de l’Etat un impuissant jouer les nains puissants, parce qu’ils voient là confirmer que leur pimp-roll de petite frappe imaginaire a un pouvoir concret sur les choses, et permet de « réussir ».

Un signe de l’efficacité d’une telle campagne médiatique un peu décalée par rapport à l’image, d’ailleurs habilement maîtrisée, du portrait présidentiel officiel, devant une bibliothèque dont les ouvrages seront à leur tour insultés par Sarkozy quelques mois plus tard quand il prétendra que lire la Princesse de Clèves relève de l’inutile : Redoine Faïd, braqueur lui même situé à mi chemin entre la réalité et la fiction, puisqu’il admet avoir conçu ses braquages en s’inspirant du film de Michael Mann, Heat (lui même très très inspiré du Bullitt de Peter Yates), Michael Mann étant à son tour cité sur la couverture du livre de Faïd Braqueur, des cités au grand banditisme, affirmant à son propos « Ce type est incroyable… » (ce que pourrait tout à fait dire une Morano à propos de Sarkozy), consacre un passage à notre chef d’Etat, affirmant ceci (je prends les propos tels qu’il les a énoncés au Grand Journal, questionné par Denisot, « Dans la société d’aujourd’hui, ils [les bandits] naviguent comme des poissons dans l’eau. Ils sont d’ailleurs sarkozystes. Pour eux, Sarkozy c’est un boss capable de dire ‘Casse toi pauvre con’. Il est blindé, il a une Rolex et sort avec un mannequin. Quand tu discutes avec eux, ils te disent ‘Ce mec, il en a, c’est un taulier’ (…) Ils disent ‘C’est un mac' ». Personne sur le plateau, sur lequel trônait pourtant Jean-Louis Debré, qui buvait du petit lait, n’a trouvé la description scandaleuse (allez, pour la petite histoire, ce soir là, en seconde partie d’émission, Carole Bouquet et Julie Depardieu venaient présenter un film intitulé, ça ne s’invente pas, Libre échange. Quand on vous dit que dans cette émission, tout doit sembler finalement anodin…

Mais puisqu’il s’agit d’images, le mieux est de se fier, justement, aux images. Depuis la campagne présidentielle, un temps considérable semble être consacré à la construction d’une image dont on peut dire qu’elle est méticuleusement maîtrisée. Casting de petites personnes faisant paraître le président plus grand, public exclusivement composé de militants UMP suffisamment cons pour clamer haut et fort leur encartement au parti au premier journaliste du Petit Journal venu, sélection de vaillants ouvriers d’origine étrangère, femme taillée sur mesure, fringues constituant la panoplie parfaitement adaptée au rôle choisi, loisirs édifiants, tout est mis en scène de manière à construire un véritable personnage dont la vie nous est racontée en détails parce qu’on a compris que ces images avaient un impact sur l’esprit des plus faibles, qui sont aussi les plus nombreux.

Pourtant, des failles semblent apparaître dans la propagande des images : certaines images semblent échapper au contrôle. Dernier exemple en date, la couverture digne des portraits anthropométriques de la police, proposée en Octobre par le Nouvel Obs’. Il ne manque plus que les repères d’échelle derrière lui et la plaque d’identification pour être convaincu de tenir le portrait d’un descendant d’Al Capone. Evidemment, la photo est manipulée. Sur ce site (http://culturevisuelle.org/icones/1083), on découvre la genèse et les procédés de fabrication de l’image obtenue, barrée du doute au sujet du président : serait il dangereux ? Ben, évidemment, une fois passé en noir et blanc, et après avoir augmenté le contraste, Sarkozy devient un tout petit peu plus inquiétant qu’au naturel, et il est soudainement marqué par un je-ne-sais-quoi de truandesque qui ne lui ferait pas donner le bon dieu sans confession préalable. Sur culture visuelle, on pense que c’est le traitement effectué pour la couverture du Nouvel Obs’ qui produit cet effet, et on a en partie raison. Mais on sait que l’original de cette photographie a été pris par le photographe Jean-François Robert, et qu’il fait partie d’une série, publiée sous forme de livre, intitulée Face/Public, dans laquelle on retrouve le gratin de la politique française, portraitisé selon le même cadrage et le même effet grand angle, qui dramatise forcément un peu les visages.

La série peut être vue sur le site du photographe lui- même : http://www.jean-francoisrobert.com/page3.html et en faisant glisser le curseur pour faire défiler les portraits, on découvre que Sarkozy n’est pas le seul à sembler un tout petit peu illuminé par le dispositif. Ségolène Royal prend, comme d’habitude, toute la place dans le cadre, Frédéric Mitterrand, comme d’habitude, fait le malin, Kouchner, comme d’hab’, prend des airs concernés, genre « le monde devient fou et j’aime être observé pendant que j’observe cela », tout le monde a finalement l’air un peu étrange, et c’est bien cette familiarité déconcertante que vise Jean-François Robert dans cette série. Mais il faut admettre que le portrait de Sarkozy a quelque chose de plus particulier, car il semble, au contraire des autres, n’avoir nécessité aucun dispositif technique. En ce sens, c’est le plus réussi, parce que ce dispositif disparaît pour se fondre complètement dans le portrait. Il n’a pas l’air d’être psychopathe, mais on le dirait tout droit sorti d’une nuit enfiévrée passée dans quelque boite interlope à consommer des substances exotiques aux côtés de créatures propres à s’ouvrir pour créer dans l’univers des perspectives nouvelles. Essayez de vous prendre en photo vous même, vous verrez, cette manière de poser le regard un poil trop haut, c’est la manière la moins naturelle de se faire tirer le portrait (bien que ce soit, admettons le, le regard de ceux qui sont un peu petits et regardent vers le haut (c’est aussi le regard des hypnotisés, mais n’extrapolons pas trop)). C’est donc avec talent que Sarkozy apparaît ici mal rasé, mais pleinement engagé dans le rapport à l’objectif. De tous les portraits, il n’y a que le sien qui donne à ce point l’impression que sans faire le cirque de Mitterrand, il dévore sa propre image et celui qui la regarde avec. Or, pour poser de cette manière là, avec tout le respect qu’on doit au président, on a envie de dire qu’il ne faut pas être bien, qu’il doit falloir être un peu dérangé, au sens où il s’agit ici de se faire passer pour autre chose que ce qu’on est (mais ça, c’est valable pour en gros tous les personnages publics), mais aussi pour autre chose que ce qu’est censé être un homme politique. Là, on a l’impression d’être devant un fan de Sinatra qui ferait le malin devant l’objectif.

Vous pensez que j’exagère ? Alors jetez un coup d’oeil à ces portraits commandés par la présidence aux photographes Seb&Enzo. On en trouve un ce mois ci en couverture de Technikart, et il y en a un autre dans le même numéro, tous deux sont tout à fait « parlants ». Tout d’abord, le choix de ces photographes est intéressant : tout à fait décalé par rapport à ce qu’est censé être un portrait politique, puisque Seb&Enzo sont photographes de mode, et de stars, leur travail, très graphique, peut être vu sur leur site, http://www.sebetenzo.com/, site sur lequel on retrouve évidemment, le portrait de notre bien aimé chef. En somme, Sarkozy en choisissant cet objectif là plutôt qu’un autre se place résolument du côté des peoples. Mais ça, ce n’est pas exactement une surprise. Ce qui est plus intéressant, c’est la tête que s’est faite Sarkozy entre les mains de ces deux photographes, car pour le coup, il n’a pas été nécessaire qu’une équipe d’infographistes mandatée par une rédaction avide de faire du fric intervienne pour donner à notre président une tête d’allumé notoire. Si le portrait de Jean-François Robert fait penser à Patrick Bateman, ceux de Seb&Enzo installent le nom d’Hubert S. Thompson dans les esprits. On regarde les clichés, et on se dit « Mais que prend ce type ? » Vous vous souvenez peut être qu’il y a déjà longtemps on avait pu se demander si Sarkozy n’abusait pas de telle ou telle substance, et depuis, cette idée demeure un sous entendu récurent, le prototype même du tabou médiatique, ce qui ne se dit pas tout en se sous entendant régulièrement. Mais quand c’est la personne visée elle même qui met en scène le propos a priori calomnieux, c’est qu’on n’est plus dans la calomnie, mais dans la construction du mythe. Or, on le sait, les mythes sont destinés en premier lieu à ceux qui y croient et que ça fascine, les moins armés face aux images choc. Ainsi, ici, on a un président qui paie des photographes pour avoir l’air d’un truand drogué. La classe. J’ai fouillé dans l’iconographie pourtant fournie de Berlusconi, il n’y a pas d’équivalent. Idem chez Poutine (et pourtant…). A ma connaissance, notre président est le seul dont on ait de tels clichés mis en scène.

Dès lors, il va sans doute falloir se méfier des accusations consistant à voir en Sarkozy un fou, un toxicomane ou un malfaiteur, parce qu’avoir recours à cette image, ce n’est pas faire une découverte, mais reprendre au vol quelque chose que le président lui même envoie en l’air pour qu’on la saisisse au vol comme font les chiens avec les freesbees. Tant qu’on s’amuse avec ça, on ne s’intéresse pas à la politique. Or, la scène jouée entre Villepin et Sarkozy est un peu trop théâtrale pour être sincère, elle aussi. Dans la mise en place d’un libéralisme durable qui n’a plus besoin que le PS vienne passer de la pommade tous les cinq ans en alternance avec la droite, Villepin est l’assurance que le pouvoir restera aux mains des mêmes si jamais soudainement le peuple se met à avoir des cas de conscience. Pour le moment, quand Sarkozy sur-joue le côté voyou, il produit encore un effet relativement positif auprès d’une frange de la population qui voit la politique comme un cirque, et qui aime voir jouer Scarface sur son petit écran au JT de 20h. On pourrait objecter qu’il y a là une prise de risque, que c’est très segmentant comme stratégie, mais dans la logique de l’UMP, peu importe, puisque l’antidote est prêt, là, à prendre le relais en cas de revirement de l’opinion. Ainsi, le libéralisme montre à quel point il n’est décidément pas un programme politique, puisqu’à bord du navire UMP (je propose qu’on dise dorénavant « Paquebot », maintenant que le FN s’est débarrassé du sien, et que la fraternité entre un Sarko déviant et une Marine édulcorée semble à l’avance nécessaire), on trouve en gros tout et n’importe quoi.

Méfiance donc avec les discours critiques qui correspondent finalement point par point à l’image que le pouvoir souhaite donner de lui même. Tout cela demeure orchestré, et il n’y a dans ces eaux là aucune pensée politique, ni d’une part, ni de l’autre. Il ne s’agit que de saisir des opportunités, et de se comporter comme les premières infections opportunistes venues tout en faisant le show, ce qui est toujours plus payant, dans les opinions, que les analyses et les projets réclamant des efforts de compréhension et d’action. Il est donc probable qu’on voit fleurir l’imagerie mafieuse autour de notre président. Il est probable que ça provoque chez lui quelques poussées d’hormones qui pourraient le faire aller encore un peu plus loin dans son personnage, tant et si bien qu’à force, il pourrait nous faire penser à Serge Lama jouant Napoléon, dans une sorte de confusion des rôles un peu flippante. En attendant, on a toujours à la tête du pays un type qui en gros joue à la dinette avec nos moyens, un gars qui s’amuse avec ses panoplies tout en exigeant du pays tout entier qu’il se mette au boulot pour servir ses potes. Il sera bon de se rappeler que les truands, ce sont à la base ceux qui désobéissent aux lois, et que pour le moment, ce n’est pas ce à quoi nous assistons : si Sarkozy joue les gangsters d’opérette, c’est pour mieux cacher son entourage qui s’emploie, lui, à modeler les lois de telle sorte qu’ils puissent parvenir à leurs fins sans se trouver hors la loi. Et à force de regarder les portraits de notre président en train de se mettre en scène façon Actor Studio, nous ne voyons pas que peu à peu, c’est nous autres qui, pensant ce qu’on pense, disant ce qu’on dit, faisant ce qu’on fait, passons lentement de l’autre côté d’une loi qui sera à terme écrite à l’envers, contre ceux qui auront cru la défendre.

NB : dans l’ordre, les portraits sont 1 – le fameux portrait de Jean-François Robert transformé par le Nouvel Obs, 2 – l’original de Jean-François Robert 3 – Un des portraits réalisés par Seb&Enzo, et 4 – un autre de ces portraits utilisé par Technikart pour sa couverture du mois de Novembre.

6 Replies to “Sarkface”

  1. Bon en résumé, Sarkozy nous refait l’Opéra de Quat’sous dans le rôle de Mackie Messer. Ce qui fait de Carla, la fille du roi des mendiants, ce qui colle moyen vu qu’on l’aurait plutôt classée dans les CSP+ (quoique le roi des mendiants ne soit pas pauvre). Reste à savoir qui est Jenny (c’est dommage, on voyait bien justement Carla dans ce rôle, à moins qu’elle ne soit dans celui de Lucy). Mais peut-être que je ne distancie pas assez…

    Mais alors Villepin ça pourrait être Peachum, vu son inimitié pour Mackie… Compliqué tout ça, mais assez révélateur du climat endogène que jkrsb analyse assez bien quand il parle de la politique française, vu sous son profil droit. Merci au jkrsb de nous éviter une analyse du même type du côté du profil dit de gauche. Ca risquerait de nous plomber la soirée.

  2. J’ai reçu le message suivant sur ma boîte aux lettres électronique (il y a, de toute évidence, une erreur d’adresse puisque je ne suis pas Dieu, mais je pense qu’il ne m’en voudra pas d’en faire profiter le monde entier, et comme j’ai des raisons de supposer que c’est un lecteur régulier de ce blog, c’est également un moyen de porter rapidement à sa connaissance un courrier qui lui est adressé) :

    « Mail à DIEU.

    Je serai bref.

    Cette année, tu m’as pris mon chanteur préféré, Jean Ferrat.

    Tu m’as pris mon acteur préféré, Bruno Cremer.

    Mon réalisateur préféré, Claude Chabrol

    Et finalement mon sportif préféré, Laurent Fignon.

    Je désire simplement te rappeler que mon politicien préféré est Nicolas Sarkozy. »

  3. Mais pourquoi tant de haine pour Nicolas Sarkozy ? Ca ne sert à rien et c’est injuste. Après tout, n’est pas Nietzsche qui a écrit (c’est moi qui traduis librement, merci de me pardonner les approximations) :

    « Quand la routine mort fort
    Et que les ambitions sont faibles
    Et que le ressentiment monte haut
    Alors c’est raté pour les émotions
    Et nous changeons notre quotidien
    Quand nos chemins se séparent

    L’amour, L’amour nous déchirera »

  4. Héhé,

    J’ai mis une plombe à identifier Joy Division !

    Cela dit, tout en sachant que Nietzsche avait écrit assez peu de chansons pop, je me disais que pour une fois le costume que tu lui enfilais lui allait presque comme un gant, sur une ligne au moins, quand il s’agit du ressentiment, et peut être une deuxième, à propos du manque d’ambition.

  5. Lu dans la presse : « Suppression de l’ISF : la classe moyenne paiera ».

    Finalement la nouvelle devise de la république sarkozyenne, ça pourrait bien être :
    Travail
    Famine
    Pâtes Riz

  6. N’est-ce pas Nietzsche qui a écrit :

    « Once I wanted to be the greatest
    No wind or waterfall could stall me
    And then came the rush of the flood
    The stars at night turned deep to dust »

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