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Sw’ouch !

Heeeaaaads uUUp !

Les enfants, prenez votre cahier de grammaire, stylo mauve, souligné d’un double trait rouge, pour le titre : « La Ponctuation », et sous titre en  mauve, toujours, souligné cette fois ci d’un simple trait :  « La Virgule ».

Bon, les enfants, la leçon qui suit est importante. On va y montrer comment la grammaire est un moyen de bien comprendre ce qu’on nous dit, et de bien se faire comprendre de ceux qui nous écoutent, ce qui permet souvent de se tirer des mauvais pas, comme, par exemple, les pertes d’emploi et les disparitions de la scène médiatique. [Note de la maîtresse, après le second tour des législatives : ok ok, ça ne marche pas à tous les coups…)

Je sais, je sais, comme vous pratiquez une littérature abrégée qui vous contraint à n’utiliser que 140 caractères, limite en deça de laquelle vos idées doivent être compressées pour être communiquées, la ponctuation est pour vous une enluminure prohibée, un luxe pour ceux qui font des phrases en forme de monospace, des textes fourgonettes, alors que vous traversez la pensée au volant de votre smart, qui n’aura sans doute jamais aussi mal porté son nom. Amateurs de la forme brève, daignez jeter un coup d’œil sur la mini-série qui portraitise vos vies réduites à l’inessentiel : un épisode de Bref dure une minute et quarante secondes. Bon, ok, ce choix que nous avons fait de mesurer le temps en base 12 et non en base 10 fait que ça nous rend incapables d’écrire un truc inspiré mettant en parallèle les 140 caractères d’un tweet et les 140 je ne sais quoi d’un épisode de Bref. Mais bon, vous avez saisi l’idée : en apparence, un épisode de cette série, c’est un peu comme un de vos nano-messages. En apparence, car si vous voulez bien porter un tout petit peu d’attention à la manière dont les choses sont faites, vous constaterez qu’un épisode de Bref, c’est principalement de la ponctuation, aussi bien dans le montage que dans le texte. Et c’est ça qui permet de donner du rythme au propos, et de faire passer une idée clairement, sans avoir à l’expliquer dans des développements devenus inutiles. Bref, Bref fait exactement le contraire d’un tweet, tout en en reprenant l’apparence. Méditez cela un instant, ça devrait vous permettre de saisir une partie du cours de philo sur l’art que vous suivrez quand vous serez grands.

Virgule.

Ainsi : , la virgule.

Tout le monde s’accorde à dire que la virgule est un signe de ponctuation, ce qui étymologiquement est plutôt risible puisque ce n’est pas un point. Mais bon, les enfants, vos chastes oreilles ne permettront pas qu’on développe davantage l’étymologie de la virgule, puisque celle-ci fait, mystérieusement, référence à la verge, dont la construction du mot nous laisse deviner qu’elle est, dans la virgule, petite. Petite verge, donc, qui est cependant, dans la phrase, ce par quoi on reprend, un peu, son souffle.

Je vous laisse, chers enfants, quelques instants livrés aux pensées que cette étymologie a fait naître en vous.

Voila voila…

Bien, dans le monde relativement réduit de la ponctuation, la virgule a donc un statut un peu à part, puisqu’elle n’est pas vraiment une frontière. Là où les points séparent, tranchent et arrêtent, les virgules, elles, distinguent tout autant qu’elles lient.

Et c’est bien ça le problème, mais ne vous inquiétez pas les enfants : ce n’est pas grave puisque notre but est de bien manier la rhétorique et que dans cette perspective, les ambiguités de la langue sont des solutions plutôt que des problèmes. Ainsi, la virgule, par son aptitude à lier tout en distinguant, va nous sortir d’un mauvais pas.

Mais avant de devenir ceinture noire en ponctuation, un peu de technique.

Une virgule sépare, au sein d’une phrase, des termes. A ceci, il peut y avoir plusieurs raisons, qui vont de la nécessité de reprendre son souffle à la possibilité de comprendre la logique selon laquelle la phrase est construite. Mais pour bien comprendre notre propos, prenons deux exemples :

–       Les électeurs qui sont intelligents peuvent écouter les discours de Nadine Morano, qui sont globalement inoffensifs.

–       Les électeurs, qui sont intelligents, peuvent écouter les discours de Nadine Morrano qui sont globallement inoffensifs.

Les plus malins ont déjà saisi cette intéressante particularité de la virgule : ici, au lieu de séparer et de distinguer, elle lie, elle assimile et elle englobe. Là où « Les électeurs qui sont intelligents » désigne un sous ensemble d’électeurs, les distinguant de la masse dont l’esprit éprouve quelqu’engourdissement, « Les électeurs, qui sont intelligents » fait tomber les barrières, et invite tous les électeurs à se tendre la main dans la réciproque conviction que l’intelligence des uns est au moins égale à celle des autres.

En somme, on peut tout à fait dessiner une frontière imaginaire, tout en ouvrant en réalité le passage. Dans des temps où la question des frontières est une espèce d’obsession savament entretenue, voila une propriété de la ponctuation qui est plus qu’intéressante. Parce que cette question de la distinction et de la délimitation n’est pas importante uniquement d’un point de vue territorial. En politique, elle l’est aussi du point de vue des idées : qui se ressemble, est censé s’allier. Mais qui ne se distingue pas, disparaît (les enfants, demandez à Bayrou, il vous racontera).

L’illustration est elle encore nécessaire ? Offrons là tout de même, ne serait-ce que pour en garder la trace :

« J’en appelle à tous les électeurs du Front National, qui partagent nos valeurs, à venir se retrouver sur ma candidature, comme ils l’avaient fait en 2007, et comme ils l’avaient fait aussi en 2002 »

Explication de texte :

« J’en appelle à tous les électeurs du Front National, virgule (et on pourrait même dire, si la chose existait, et que l’expression avait un sens, « grosse virgule »), qui partagent nos valeurs ».

La messe est dite : en français, on distingue deux types de propositions relatives : les déterminatives et les explicatives. Les déterminatives sont restrictives, et la règle veut qu’on ne puisse pas les détacher par une virgule. Les explicatives, elles, parce qu’elles ne sont pas restrictives, peuvent être détachées, même si ce n’est pas systématiquement le cas. Bref, la règle est simple, et elle vaut pour les propositions relatives comme pour les épithètes (comparez : « les électeurs habiles ne se laisseront pas prendre au piège » et « les électeurs, habiles, ne se laisseront pas prendre au piège ») : s’il y a séparation par une virgule, c’est qu’il s’agit d’une explicative, et le sens n’est donc pas restrictif. Nous sommes bien dans cette situation dans laquelle la virgule ne sépare plus mais englobe et généralise.

Dès 1856, on trouve cet usage de la ponctuation codifié dans la Grammaire générale de la grammaire française, rédigée par Napoléon Landais :

« Il faut placer entre deux virgules toute proposition incidente purement explicative, parce qu’elle n’est qu’un développement de l’antécédent, avec lequel elle n’a pas, par conséquent, une liaison bien intime, et parce qu’on pourrait la supprimer sans altérer le sens de la proposition principale : ce n’est, en quelque sorte, qu’une répétition du même antécédent, sous une forme plus développée. [Note du moine copiste : donc, dans le cas de la phrase de Morano, ce sont les valeurs de l’UMP qui sont une extension de la pensée du FN]
(…)
Au contraire, si la proposition incidente est déterminative, il faut l’écrire de suite, sans virgule, parce qu’elle détermine l’étendue de la signification de l’antécédent, qu’elle ne fait avec lui qu’un seul tout logique, et qu’on ne saurait la supprimer sans altérer le sens de la proposition principale. »

Il ne s’agit donc pas pour Morano d’aller chercher des voix dans un autre camp, mais bel et bien d’affirmer qu’UMP et FN appartiennent à une seule et même idéologie, sous des appellations différentes, mais dans une seule et même essence. Et la manière dont elle l’affirme, qui est suffisamment appuyée pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, a bien pour objectif de lever le rideau entre les deux formations politiques, un peu comme on lève le voile de la mariée, simple virgule de tulle qui ne sépare plus que par pur respect des convenances ce dont on sait que ça ne forme plus qu’un. Bref, la virgule dans le propos de Morano n’est qu’un cache sexe qui adopte la forme de ce qu’il est censé dissimuler ; un étui pénien. On peut donc dire que quand Morano utilise ce genre de rhétorique, profitant de ce que sont texte soit prononcé à l’oral pour qu’on ne puisse pas écrire qu’elle rejoint le FN, jouant la césure à la fin de sa proposition relative, pour simuler un souffle court justifiant ces pauses dans son discours, elle montre que, contrairement à ce qu’elle affirme, elle a quelques états d’âme, ou elle sait que d’autres en auront pour elle, ce qui l’oblige à parler de façon voilée, et à jouer « petite bite ».

Inutile, en effet, de prétexter un manque d’air, réclamant de s’arrêter au fil de la phrase pour reprendre voix, car la ponctuation ne sert pas qu’à cela, le débat sur sa nature  a déjà été tranché, dans le même ouvrage de Landais :

« La ponctuation, dit Estarac [Note du moine copiste : Estarac était le rédacteur d’une Grammaire générale, éditée en 1811], est l’art d’indiquer dans l’écriture, par des signes convenus, la proportion des pauses que l’on doit faire en parlant.
Ce mot est dérivé du mot latin punctum, point.
Cette définition ne nous satisfait pas. L’Académie définit la ponctuation, l’art de ponctuer, c’est-à-dire l’art de mettre des points et des virgules dans un discours écrit, pour dinstinguer les phrases et les différents membres dont elles sont composées. Cette définition académique est défectueuse comme celle d’Estarac.
De même, dit Boinvilliers, qu’on ne parle que pour se faire entendre, de même on n’écrit que pour transmettre ses pensées au lecteur d’une manière intelligible ; or, il en est à peu près de la parole écrite comme de la parole prononcée : le repos de la voix dans le discours, et les signes de la ponctuation dans l’écriture, se conrrespondant toujours, indiquent également la liaison ou la disjonction des idées, et suppléent à une infinité d’expressions ; c’est pourquoi il y aurait autant d’inconvénients à supprimer ou à mal placer, dans les discours, les signes de la ponctuation, qu’à supprimer ou à mal placer, dans la parole, les repos de la voix : les uns et les autres servent à déterminer le sens ; et il y a telle suite de mots qui n’aurait, sans le secours des pauses ou des caractères qui les indiquent, qu’une signification équivoque, et qui pourrait même présenter des sens contradictoires, selon la manière dont on y placerait ces caractères. Quelle différence, par exemple, n’y a-t-il pas dans les phrases suivante, eu égard à la place qu’occupent les signes de ponctuation !

Il propageait sa religion : le Coran d’une main, et l’épée dans l’autre, il mourut empoisonné.
Il propageait sa religion, le Coran d’une main, et l’épée dans l’autre ; il mourut empoisonné.
[Note du moine copiste : je vous laisse méditer, chers élèves, sur les présupposés et les raisons d’un tel choix d’illustration…]

Les préfets dont le choix honore le gouvernement, surveilleront l’exécution de cette mesure.
Les préfets, dont les choix honore le gouvernement, surveilleront l’exécution de cette mesure.

Si l’on ne met pas de virgule après le mot préfets, il paraîtra qu’on ne veut parler que de certains préfets, c’est-à-dire de ceux dont le choix honore le gouvernement. Si l’on met, au contraire, une virgule après le mot préfets, ce signe fera connaître qu’on ne fait pas de distinction des personnes, mais qu’il est question de tous les préfets. »

On sait, elle sait, quel rôle joue le discours dans les représentations et les pensées. Peu importe, à la limite, de savoir si Mme Morano joue sur les mots ou si elle se sent proche des idées du Front National. De fait, elle s’est fort bien accomodée de participer à un gouvernement dont plusieurs des membres ont tenu des propos qu’un  ou qu’une Le Pen auraient très bien pu prononcer quelques années plus tôt, jetant des milliers de manifestants dans les rues (l’absence quasi-totale de réactions indique d’ailleurs que, comme Morano, nous nous acclimatons peu à peu). De fait, au moment où son avenir politique se joue, au moment où une tribune médiatique, et un salaire, sont en jeu, elle ouvre la cloison entre son parti et le parti voisin, et elle révèle qu’il ne s’agissait que d’un simple paravent, dont on sait bien qu’il n’empêche de voir qu’à ceux qui ont assez de savoir vivre pour ne pas regarder.

On pourrait disserter sur la réelle compatibilité des idées du FN avec le capitalisme libéral. On pourrait se demander si l’UMP incarne un réel libéralisme. On pourrait se demander si, vraiment, on peut considérer, comme on le fait actuellement à l’UMP, que l’extrême gauche est au PS ce que l’extrême droite est à l’UMP, sur le mode « si vous vous associez avec eux de la main gauche, alors laissez-nous leur tendre la main droite (encore faudrait il que ceux qui se lancent dans une telle main tendue soient assez grands pour ne pas avoir à lever le bras tout entier, serait on tenté d’ajouter, cédant à la tentation du point Godwin dont on n’a pas grand-chose à faire, les enfants, puisque c’est juste une borne que l’UMP a placée là pour que lui-même puisse la franchir sans qu’on puisse commenter le mouvement). On mènera cette réflexion. Mais on ne le fera pas ici, car dans le jeu démocratique, ce qu’on dit des choses prime sur ce qu’elles sont, puisque le choix se fait dans le feu de l’action, sur la base des idées telles qu’elles s’expriment.

Alors, si pour l’UMP les mots ont un sens, (et on y distille suffisamment habilement les éléments de langage pour qu’on puisse affirmer qu’on y connait le sens et le poids des mots), et si vraiment on pense qu’il n’est pas possible de faire alliance avec le Front National, alors l’actuel parti de Mme Morano devrait savoir comment traiter son cas, puisqu’elle a exprimé non pas la possibilité d’une intersection entre les ensembles UMP et FN, mais la simple égalité des deux ensembles sur le terrain des valeurs, c’est-à-dire, en gros, de l’essentiel. La théorie générale des ensembles ne laisse théoriquement pas le choix : Morano s’est simplement exclue d’elle-même. Et si elle demeure dans l’UMP, c’est qu’elle avait raison, et que les deux ensembles sont indistincts.

Dernière remarque : la cousine anglosaxonne de notre virgule, c’est le swooch, tel qu’on le voit badgé sur n’importe quelle marchandise Nike. Mais le swooch n’est pas réductible à notre virgule, car il est aussi l’équivalent de notre croix, lorsque nous nous en servons pour cocher des cases dans un formulaire. Naomie Klein a parfaitement mis en lumière, dans son No Logo, l’implacabilité de cette marque, apposée sur un bon tiers des sportifs du monde entier, démontrant la logique de « marquage » du territoire qui anime cette marque. Chaque client de la marque Nike valide par le swooch qu’il porte fièrement le choix qu’il a fait de cette marque plutôt qu’une autre. Mais inversement, Nike coche chaque client, chaque sportif, chaque terrain de sport sur lequel il pose son fer rouge. Enfiler son jogging swooché, c’est laisser Nike prendre son gros feutre et se laisser cocher, sur le mode « Toi, c’est fait ; toi, c’est fait ; toi, c’est fait », comme on marque le bétail avant de le lâcher dans une soi-disant liberté.

La virgule-swooch est donc, finalement, le signe de l’adhésion. Voila qui devrait permettre à tous, y compris les plus réfractaires à la grammaire, d’écouter de nouveau celle qui se présente volontiers comme porte-parole de son parti :

« J’en appelle à tous les électeurs du Front National [virgule] qui partagent nos valeurs ». Ce n’est rien d’autre qu’une formule d’adhésion.

 

Et, mêmes causes grammaticales, mêmes effets dans l’agencement de la pensée :

http://www.youtube.com/watch?v=Sjb-NcPrYns

14 Replies to “Sw’ouch !”

  1. « Urbain VIII, selon eux, avait pensé que, pour étouffer les disputes, il suffisait de renouveler et de confirmer les Bulles de Pie V et de Grégoire XIII, et il aurait ordonné qu’on dressât une Constitution en ce sens, en défendant d’y nommer Jansénius ; mais l’assesseur du Saint-Office, Albizzi, d’accord avec le Caerdinal-patron (on était sous le népotisme des Barberins) aurait dressé la Bulle à l’intention des Jésuites, y nommant à plusieurs reprises Jansénius, et signalant en général dans son livre plusieurs Propositions précédemment condamnées chez Baïus. On se prévalait fort, à ce propos, d’une certaine virgule qui, ajoutée ou omise, changeait le sens. »

    Sainte Beuve – Port-Royal.

  2. Mon nouveau problème avec La Murène, c’est que depuis qu’elle n’est plus ministre (je ne me souviens même plus déjà du domaine dans lequel elle malfaisait) et pas non plus députée (franchement, faut s’appeler La Murène pour se faire battre dans la circonscription de Toul, même un âne avec l’étiquette UMP (pardon pour le pléonasme) s’y ferait élire) elle s’ennuie et elle passe sa vie dans le tgv Nancy-Paris (et dans l’autre sens). C’est pas qu’on l’entende vraiment ramener sa fraise (bon hier soir, avant le départ de Paris, on a quand même eu droit à une déclaration solennelle au téléphone portable pour expliquer pourquoi elle traînait en justice l’humoriste qui l’a amenée à déclarer un peu plus en public que d’habitude quelle sympathie elle a pour la truie blonde), elle semble plutôt moins ramenarde qu’il y a quelques temps, mais qu’y puis je, le fait de voyager avec elle m’insupporte.

    Il doit bien y avoir une solution :
    – Je lui communique quelques jours à l’avance l’heure des trains que je prends pour qu’elle s’arrange pour en prendre un autre : c’est juste trois allers retours par semaine, ça se gère et puis merde, elle doit être chômeuse, elle va pas embêter quelqu’un qui travaille ! Je suis sûr que la truie blonde et elle sont aussi d’accord là-dessus.
    – En tant que murène, elle se cantonne au wagon à bestiaux : le problème, c’est que tout se perd et qu’il n’y en a plus dans les tgv. Je vais contacter Brigitte Bardot, autre admiratrice de la truie blonde, pour réhabiliter ce mode de transport : mais des bien, hein, juste pour établir un cordon sanitaire entre les bêtes malfaisantes et les gens normaux.

    La deuxième solution me paraît bonne, mais je crains qu’il faille un délai avant de pouvoir la mettre en oeuvre.

    Il y en a bien une troisième : que je m’installe à Paris et que j’arrête les allers-retours…

    Ca va pas, non ?

  3. Bon le 15 août est passé et rien ne bouge ici. Pour sillonner l’Europe à mon habitude, avec un net tropisme pour les côtes de la Baltique cette année, je dois reconnaître que l’actualité française sur laquelle je jette un coup d’oeil via les sites des journaux et de temps en temps un regard sur TV5 Monde (en plus de l’achat de quelques exemplaires d’un quotidien sur lequel je m’en voudrais de jeter un oeil quand je suis dans l’hexagone, mais quand même pas Le Figaro ou Libération) ne me semble pas d’un dynamisme particulier c’est vrai, mais je ne vois pas de raison pour autant pour que le jkrisb s’autorise à continuer à jouer les carpes (comme s’il avait besoin que quelque chose se passe pour vaticiner).

    S’il ne reste qu’une groupie, je serai celle-là !

    Mais je donne dans la groupie exigeante. A laquelle il faut sa dose régulièrement. Et si je ne déteste pas relire la prose ici stockée, il me faut quand même une alimentation relativement fraîche, au risque du scorbut !

    Bon, Jean-Christophe, tu as compris ? Les affaires reprennent, show must go on, mehr Licht et toutes ces sortes de choses !

  4. Petit point technique : poster un commentaire ici devient techniquement difficile. J’avais rencontré des difficultés en Tunisie en mai. Mais cette fois-ci, je peine à expédier des commentaires d’un grand pays occidental et civilisé (enfin un pays dont la dernière crise de barbarie commence à dater un peu à l’échelle de la vie d’un homme).

  5. Pour réveiller le bel endormi, il ne nous reste plus que les décibels et les sentiments :

    Se met-il à ma place quelquefois
    Que faut-il que je fasse pour qu’il me voie
    Vivre l’enfer mourir au combat,
    Veux-tu faire de moi ce que je ne suis pas
    Je veux bien tenter l’effort de regarder en face
    Mais le silence est mort et le tien me glace
    Mon âme soeur cherche l’erreur
    Plus mon sang se vide et plus tu as peur

    Faut-il que je t’apprenne
    Je ne demande rien
    Les eaux troubles où je traîne
    Où tu vas d’où tu viens
    Faut-il vraiment que tu saches
    Tout ce que tu caches
    Tout au fond de moi
    Au fond de toi

    Et vlan que je te casse la vitre !

  6. On peut aussi essayer de la faire au sentiment. On peut néanmoins craindre que le coup de la plume (de 100 kilos) et celui de l’ange (quoique Lucifer en était un aussi, quelque peu déchu…) ne paraissent un peu excessifs :

    When you were here before
    Couldn’t look you in the eye
    You’re just like an angel
    Your skin makes me cry
    You float like a feather
    In a beautiful world
    I wish I was special
    You’re so fucking special

    But I’m a creep, I’m a weirdo.
    What the hell am I doing here ?
    I don’t belong here.

    Bon, on aura essayé, hein…

  7. Pourtant j’ai un jeune tchèque à la maison qui depuis qu’on lui a fait le coup du « Ich bin ich und setze alles Nicht-Ich » est quelque peu réticent à s’intéresser à Fichte, ce que je trouve personnellement franchement dommage. On aurait pu espérer que le jkrsb si un souffle de vie l’animait encore, aurait pu initier, à la façon inimitable qui est la sienne, le jeune Tomas à la notion d’idéalisme transcendental. Mais je vais bien me garder d’insister au risque de réveiller ce vieux raseur prétentieux (on dirait un prof de philo) d’Harry Staut.

    Bon, c’est moi qui vais m’y coller, façon vulgate pour étudiant de Sciences po : bon, tu vois Tomas, Fichte qui a été précepteur à Königsberg… Ca te rappelle bien quelque chose Königsberg, hein Tomas ? D’ailleurs on a cru que le premier livre de Fichte…

    Si, avec ça, il y comprend jamais quelque chose le malheureux… Ah on n’est vraiment plus aidé…

  8. Et le coup de Jean-Pierre Liégeois, jeune lecteur du Var, j’ai déjà dit dû le faire, hein ? Le lecteur dont on extrait toujours la lettre au milieu d’un courrier abondant, un peu comme les posts d’un Michel au milieu d’une avalanche d’e-mails… Et pas sûr que ça réussisse à réveiller notre Gai jkrsb Luron qui semble bien décider à faire mentir sa réputation de petit dormeur. En plus, qui dit Gai Luron, dit Jujube et franchement pas sûr qu’Argos apprécierait la présence d’un chat…

  9. Je sais que ce n’est pas très fair-play, mais puisqu’il s’agit de réveiller un mort, il me semble licite de le frapper par où il a péché :

    http://www.youtube.com/watch?v=W87kLTRrpJU

    Quant au « sujet » initial du post auquel je réagis, je précise que je lui ai marché involontairement (j’insiste !) sur le pied hier dans un train que nous partageons régulièrement (avec quelques centaines d’autres voyageurs quand même) : comme je reculais et comme pour une fois elle avait l’intelligence de se taire, je n’ai pas identifié ma victime immédiatement et par réflexe je lui ai présenté mes excuses. Croyez bien que je m’en veux encore, madame la (ex)-ministre (puisqu’on garde ce titre toute sa vie quand on a occupé la fonction une fois, aussi mal (et des records furent battus !) qu’on le fît).

  10. Et un reportage en direct d’une prison pour riches, avec vue sur le Stromboli de la terrasse de ma cellule, ça intéresse quelqu’un ? On ne pourra pas dire que je ne paie pas de ma personne pour fournir de l’exceptionnel pour maintenir en vie ce blog !!!

    Pour vous dire la dureté des conditions de détention, je n’ai de signal sur aucun de mes deux téléphones portables (le professionnel et le perso) ! Ce n’est pas de la torture, ça !?

  11. J’ai vraiment l’esprit de l’escalier. Quand je désespérais (de mes frères sauvages, je voyais, je voyais l’avenir à genoux… ah la sale bête, couché Aragon !) de la résurrection du jkrsb, j’avais trouvé la potion miracle, celle qui allait le ramener, dans quelque état qu’il soit, à la vie, et c’était :

    « Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort »

    Et j’ai oublié de la poster.

    Quoique en y réfléchissant bien, je ne regrette qu’à moitié : c’était un coup à mourir très prématurément ou à attendre longtemps le retour du prof de philo prodigue (surtout envers Nike…)

  12. Ah oui, Nike c’est un autre, c’est vrai. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai un peu tendance à collectionner les doux freaks dans mes relations…

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